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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre M de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • Macintosh (Lame de Laryngoscope) : Lame courbe à bord mousse, de taille variable (généralement 3 ou 4 chez l'adulte), conçue pour s'insérer dans la vallécule afin de charger le ligament hyo-épiglottique et d'élever l'épiglotte sans la toucher directement. C'est l'instrument de référence en anesthésie et en médecine d'urgence pour la réalisation de la laryngoscopie directe et l'intubation orotrachéale.
  • Mallampati (Score de) : Échelle d'évaluation pré-opératoire de la classe anatomique de la cavité buccale, réalisée chez un patient assis, bouche ouverte, langue tirée sans phonation. Classé de I (visibilité du voile du palais, de la luette et des piliers) à IV (seul le palais dur est visible), ce score constitue un indicateur prédictif majeur du risque d'intubation difficile imprévue.
  • Manoeuvre de Sellick (loc. f., pression cricoïdienne) : Pression appuyée exercée sur le cartilage cricoïde vers la colonne vertébrale lors de l'induction en séquence rapide (ISR). Historiquement conçue pour occlure l'œsophage supérieur afin de prévenir le reflux et l'inhalation du contenu gastrique chez le patient à estomac plein, son utilisation systématique fait aujourd'hui l'objet de réévaluations au profit d'une application mesurée sans gêner la vision glottique.
  • MAR (Médecin Anesthésiste-Réanimateur) : Médecin spécialiste qualifié assurant la prise en charge péri-opératoire des patients (consultation d'anesthésie, induction, entretien, réveil, analgésie post-opératoire), la gestion des défaillances viscérales aiguës en unité de réanimation, ainsi que la prise en charge des détresses vitales aux urgences et en médecine préhospitalière. Le MAR joue un rôle central dans la sécurité des soins, la gestion des crises et le leadership de l'équipe pluridisciplinaire au bloc opératoire et en réanimation.
  • Masque Laryngé (ML) : Dispositif supraglottique d'isolation des voies aériennes composé d'un tube connecté à un bourrelet elliptique gonflable s'appliquant sur le pourtour de l'orifice glottique. Facile et rapide à poser sans laryngoscopie, le masque laryngé est largement utilisé pour le contrôle des voies aériennes en anesthésie réglée chez le patient à jeun. Il constitue également un dispositif de sauvetage fondamental dans l'algorithme de prise en charge de la situation critique "impossible à intuber, impossible à ventiler".
  • Méningite Aiguë : Inflammation infectieuse aiguë des méninges (enveloppes du système nerveux central), le plus souvent d'origine bactérienne (Pneumocoque, Méningocoque) ou virale. Constitue une urgence médicale absolue caractérisée par un syndrome méningé (céphalées, photophobie, raideur de nuque, signes de Kernig et Brudzinski) et parfois de la fièvre. La présence de signes de gravité comme un Purpura Fulminans ou des troubles de la conscience impose une antibiothérapie probabiliste immédiate (Céfotaxime ou Ceftriaxone) avant même la réalisation de la ponction lombaire.
  • Meperidine (Pétidine - Risques en Réanimation) : Antalgique opioïde de synthèse d'action rapide. Son utilisation est aujourd'hui fortement restreinte en raison de l'accumulation de son métabolite toxique, la normépéridine, responsable d'effets neurotoxiques graves (hyperexcitabilité, myoclonies, convulsions), en particulier chez le patient insuffisant rénal. Elle conserve une indication spécifique à faible dose dans le traitement des frissons post-opératoires majeurs.
  • Méthémoglobinémie : Complication toxique ou héréditaire caractérisée par l'oxydation du fer de l'hémoglobine de l'état ferreux (Fe2+) à l'état ferrique (Fe3+), rendant la molécule incapable de fixer et de transporter l'oxygène aux tissus. Souvent déclenchée par la prise de certains médicaments (anesthésiques locaux comme la prilocaïne, dapsone, dérivés nitrés), elle se manifeste par une cyanose réfractaire à l'oxytocine avec une SpO2 mesurée discordante par rapport aux gaz du sang. Son traitement repose sur l'injection de bleu de méthylène.
  • Midazolam : Benzodiazépine d'action courte possédant des propriétés sédatives, anxiolytiques, amnésiques, anticonvulsivantes et myorelaxantes. Très largement utilisée en anesthésie-réanimation pour la prémédication, la sédation en réanimation, la sédation procédurale aux urgences, l'induction d'anesthésie et le traitement de première intention de l'état de mal épileptique. Son action est rapidement réversible par son antagoniste spécifique, le Flumazénil.
  • Mindfulness (Pleine Conscience) : Technique de méditation et d'entraînement mental visant à amener l'attention de manière intentionnelle sur le moment présent, sans jugement de valeur. Utilisée initialement dans la gestion des douleurs chroniques et de l'anxiété, la pleine conscience trouve une place grandissante en médecine d'urgence et en réanimation comme outil de gestion du stress professionnel, de prévention du syndrome d'épuisement professionnel (burnout) chez les soignants, et d'amélioration de la conscience situationnelle et de la prise de décision sous pression.
  • Miosis : Diminution du diamètre de la pupille par contraction du sphincter iridien, contrôlée par le système nerveux parasympathique. Un miosis bilatéral serré (pupilles en "tête d'épingle") est un signe clinique d'orientation majeur vers un surdosage en morphiniques (intoxication aux opiacés) ou une lésion protubérantielle.
  • Mivacurium : Curare isoquinoléine non dépolarisant caractérisé par une durée d'action très courte (15 à 20 minutes) et un métabolisme par les butyrylcholinestérases plasmatiques. Utilisé au bloc opératoire pour faciliter l'intubation trachéale lors d'interventions de courte durée. Son action peut être anormalement prolongée chez les patients présentant un déficit congénital en pseudocholinestérases.
  • Mode Ventilatoire (Volume Contrôlé vs Pression Contrôlée) : Réglage fondamental du respirateur artificiel en réanimation et au bloc opératoire. Le mode Volume Contrôlé (VC) garantit la délivrance d'un volume courant fixe indépendamment des résistances pulmonaires, tandis que le mode Pression Contrôlée (PC) délivre une pression d'insufflation constante, protégeant le parenchyme pulmonaire contre les pics de barotraumatisme au prix d'un volume courant variable.
  • Monitorage (Multi-Paramétrique) : Surveillance continue et en temps réel des fonctions vitales du patient au bloc opératoire, en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI), en réanimation et pendant les transports d'urgence. Le monitorage standard minimal comporte la cardioscopie (ECG), la pression artérielle non invasive (PNI), la saturation pulsée en oxygène (SpO2) et la capnographie (EtCO2) chez le patient ventilé.
  • Morphiniques (Opioïdes Majeurs) : Famille de médicaments antalgiques puissants agissant sur les récepteurs mu ($\mu$) du système nerveux central et périphérique. Utilisés pour le traitement des douleurs sévères, l'analgésie per-opératoire (Fentanyl, Sufentanil, Remifentanil) et la sédation analgésique en réanimation. Leur administration requiert une surveillance stricte en raison de leurs effets secondaires potentiellement graves : dépression respiratoire, sédation excessive, nausées, ileus paralytique et rétention d'urine.
  • Morphine : Opioïde naturel extrait du pavot, étalon-or des antalgiques de palier III de l'OMS. Administrée par voie orale, sous-cutanée ou intraveineuse (titration morphinique d'urgence), elle est incontournable dans le traitement de la douleur aiguë intense (traumatologie, crise vaso-occlusive drépanocytaire, infarctus du myocarde) et du dyspnée dans l'œdème aigu du poumon (OAP).
  • Mouvements Paradoxaux (Respiration Paradoxale / Volet Thoracique) : Anomalie de la dynamique respiratoire où une partie de la paroi thoracique ou de la paroi abdominale s'affaisse à l'inspiration et se soulève à l'expiration (inversion du mouvement physiologique). Rencontrée lors des volets thoraciques traumatiques (fractures étagées de plusieurs côtes) ou lors de l'épuisement diaphragmatique, constituant un signe majeur de détresse respiratoire imposant une assistance ventilatoire.
  • Mydriase : Augmentation du diamètre de la pupille par contraction du muscle dilateur de l'iris sous contrôle du système nerveux sympathique. L'examen des pupilles est un élément clé du bilan neurologique d'urgence :
    • Une mydriase unilatérale aréactive (anisocorie) évoque en premier lieu un engagement cérébral unilatéral par hypertension intracrânienne menaçante (hématome sous-dural ou extra-dural).
    • Une mydriase aréactive bilatérale traduit une anoxie cérébrale profonde et constitue un signe de gravité extrême lors d'un arrêt cardiorespiratoire ou d'un état de mort encéphalique.
  • Myocardite Aiguë : Inflammation du muscle cardiaque, le plus souvent d'origine infectieuse (virale), toxique ou auto-immune. Elle peut se manifester aux urgences par des douleurs thoraciques mimant un infarctus du myocarde, des troubles du rythme ventriculaire graves ou évoluer vers un choc cardiogénique foudroyant nécessitant un soutien inotrope voire une assistance circulatoire temporaire (ECMO).
  • Myocardite diphtérique : Inflammation et dégénérescence toxique du myocarde dues à la fixation de la toxine diphtérique sur les cardiomyocytes, représentant la première cause de mortalité précoce.
  • Myorelaxants (Curares) : Médicaments interrompant la transmission de l'influx nerveux au niveau de la jonction neuromusculaire en bloquant les récepteurs nicotiniques de l'acétylcholine. On distingue les curares dépolarisants (Succinylcholine) et non dépolarisants (Rocuronium, Cisatracurium). Ils sont administrés en anesthésie pour faciliter l'intubation orotrachéale et offrir un relâchement musculaire adapté à la chirurgie.
  • Myosis : Contraction de la pupille (diminution de son diamètre), sous le contrôle du système nerveux parasympathique ou liée à l'action de médicaments/toxiques comme les opiacés.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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