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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre K de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • K-O (ou Loss of Consciousness / Perte de Connaissance Brutale) : Perte de conscience soudaine et transitoire consécutive à un traumatisme crânien, à un ébranlement cérébral ou à une anoxie cérébrale aiguë. En traumatologie préhospitalière et en médecine d'urgence, elle impose une immobilisation rachidienne cervicale systématique, une évaluation neurologique par l'échelle de Glasgow et un scanner cérébral à la recherche d'une lésion intraparenchymateuse ou d'un hématome sous-dural.
  • Kapandji (Technique de) : Embrochage intrafocal percutané utilisé en chirurgie orthopédique pour la réduction et la stabilisation des fractures du quart inférieur du radius. En anesthésie, ce geste est habituellement réalisé sous bloc du plexus brachial ou bloc axillaire guidé par échographie, offrant une analgésie opératoire et post-opératoire optimale sans recours à l'anesthésie générale.
  • Kapandji (Score d'Opposition du Pouce) : Échelle d'évaluation clinique fonctionnelle de la mobilité de la main, mesurant la capacité d'opposition du pouce avec les autres doigts (cotée de 1 à 10). Utilisée en réhabilitation post-traumatique et lors des bilans neurologiques de récupération après la réparation d'une lésion du nerf médian.
  • Kaposi (Sarcome de - Incidences en Réanimation) : Tumeur angioproliférative liée à l'infection par l'herpèsvirus humain 8 (HHV-8), fréquemment associée à l'immunitésuppression sévère (SIDA, immunosuppresseurs post-greffe). Ses localisations viscérales pulmonaires peuvent entraîner une insuffisance respiratoire aiguë par hémorragie intra-alvéolaire ou épanchements pleuraux récidivants, nécessitant des précautions majeures lors de la ventilation mécanique.
  • Kawasaki (Maladie de) : Vasculite systémique aiguë fébrile atteignant préférentiellement les vaisseaux de moyen calibre chez le jeune enfant. Sa complication la plus redoutée est la formation d'anévrismes des artères coronaires, exposant au risque d'infarctus du myocarde et de choc cardiogénique pédiatrique. Prise en charge en urgence par l'administration d'immunoglobulines intraveineuses (IVIg) à forte dose et d'acide acétylsalicylique.
  • Kayser-Fleischer (Anneau de) : Dépôt péricornéen verdâtre ou brun-jaunâtre de cuivre dans la membrane de Descemet, visible à l'examen ophtalmologique. Signe de la maladie de Wilson (anomalie du métabolisme du cuivre). En réanimation, la découverte de cet anneau orientera le bilan étiologique devant une insuffisance hépatique aiguë foudroyante associée à une hémolyse intra-vasculaire négative au test de Coombs.
  • Kératoconjonctivite Post-Anesthésique : Complication ophtalmologique évitable survenant au décours d'une anesthésie générale, secondaire à une occlusion palpébrale incomplète et à la dessiccation de la cornée. Elle rappelle l'importance capitale des soins infirmiers préventifs au bloc opératoire et en réanimation : occlusion palpébrale adhésive systématique et application de pommades ou gels lubrifiants oculaires dès l'induction.
  • Kéraunopathologie (Pathologies de la Foudre) : Discipline médicale étudiant les effets biologiques et cliniques des foudroiements (arcs électriques naturels de très haute tension). En médecine de catastrophe et de secours préhospitalier, la foudre provoque des arrêts cardiorespiratoires par fibrillation ventriculaire ou asystolie, des brûlures cutanées typiques en "feuilles de fougère" (figures de Lichtenberg), des traumatismes blastiques et des lésions neurologiques majeures. La réanimation cardio-pulmonaire doit être entreprise immédiatement, même chez les victimes en apparence décédées (tri inversé en catastrophe).
  • Kernig (Signe de) : Signe clinique majeur d'irritation méningée. Il se traduit par l'impossibilité pour le patient de s'asseoir sur son lit sans fléchir spontanément les genoux, ou par l'apparition d'une douleur vive du rachis et des membres inférieurs lors de l'extension passive de la jambe lorsque la cuisse est fléchie sur le bassin. Associé au signe de Brudzinski et à la raideur de nuque, il constitue un élément essentiel du diagnostic d'orientation aux urgences face à une suspicion de méningite aiguë ou d'hémorragie sous-arachnoïdienne (rupture d'anévrisme cérébral) imposant une ponction lombaire et une imagerie cérébrale d'urgence.
  • Ketalinge / Kétamine Nébulisée : Mode d'administration alternatif de la kétamine par voie inhalée (au moyen d'un nébuliseur pneumatique ou à membrane vibrante). Employée notamment en situation dégradée, en médecine de catastrophe ou en secours en milieu périlleux pour l'analgésie d'urgence lorsqu'aucun accès intraveineux ou intra-osseux n'est immédiatement disponible. Elle est également étudiée comme bronchodilatateur de sauvetage lors des accès d'asthme aigu grave réfractaire aux thérapeutiques inhalées conventionnelles.
  • Kétamine : Agent anesthésique général intraveineux d'action rapide appartenant à la famille des arylcyclohexylamines, agissant principalement comme antagoniste non compétitif des récepteurs NMDA (N-méthyl-D-aspartate) du glutamate. Elle se distingue par ses propriétés pharmacologiques uniques : elle procure une anesthésie dissociative, une analgésie puissante à faible dose et possède un effet sympathomimétique direct (maintien de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque). Très utilisée en médecine d'urgence, en médecine de catastrophe, en sédation procédurale et pour l'induction en séquence rapide (ISR) chez le patient en choc septique, traumatique ou hypovolémique, ainsi que chez le patient asthmatique pour ses vertus bronchodilatatrices.
  • Kétamine R-S / S-Kétamine (Eskétamine) : Énantiomère pur ($S-+$) de la kétamine possédant une affinité environ deux fois supérieure pour les récepteurs NMDA par rapport au mélange racémique. Il permet d'obtenir un effet hypnotique et analgésique équivalent avec des doses réduites, entraînant une récupération cognitive plus rapide et une diminution de l'incidence des effets psychomimétiques indésirables (hallucinations, réveils agités) au réveil.
  • Kéto-Acidose (ou Acidocétose Diabétique) : Complication métabolique aiguë et sévère du diabète (principalement de type 1), secondaire à un déficit profond en insuline. Caractérisée par la triade : hyperglycémie, cétonémie/cétonurie importante et acidose métabolique à trou anionique élevé. Cliniquement associée à la respiration de Kussmaul, une déshydratation globale et des troubles de la conscience. Son traitement en réanimation et aux urgences repose sur la réhydratation hydro-électrolytique massive, l'insulinothérapie intraveineuse continue et la recharge potassique précoce.
  • Kétoprofène : Anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dérivé de l'acide aryl-carboxylique, inhibiteur puissant des enzymes cyclo-oxygénases (COX-1 et COX-2). Largement prescrit en analgésie post-opératoire et en traumatologie d'urgence pour son efficacité démontrée sur la composante inflammatoire de la douleur. Son administration requiert la vérification préalable de la fonction rénale, de l'état de hydratation et l'absence de contre-indications (ulcère gastrique évolutif, insuffisance rénale aiguë, grossesse à partir du $6^{\text{ème}}$ mois, asthme induit par l'aspirine).
  • Kétorolac : Anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) intraveineux d'action très puissante, fréquemment utilisé dans les pays anglo-saxons et en médecine d'urgence internationale pour le traitement des crises de colique néphrétique hyperalgiques et des douleurs post-opératoires modérées à sévères, constituant une alternative ou un épargneur morphinique efficace.
  • Kidney Injury (Acute Kidney Injury - AKI) / Classification KDIGO : Définition internationale harmonisée de l'insuffisance rénale aiguë (IRA) en soins critiques, fondée sur les variations cinétiques de la créatininémie et de la diurèse horaire. Elle permet de stratifier la sévérité de l'atteinte rénale en réanimation (stades 1 à 3) afin de guider le maniement des solutés de remplissage, l'adaptation posologique des médicaments néphrotoxiques et le moment d'initiation de l'épuration extra-rénale (EER).
  • Kiesselbach (Tache / Plexus de) : Zone vasculaire hautement anastomotique située à la partie antéro-inférieure de la cloison nasale. C'est le siège préférentiel des épistaxis antérieures. En médecine d'urgence, son saignement se contrôle habituellement par compression bimanuelle directe, cautérisation locale ou la pose d'un tamponnement nasal antérieur (mèche ou éponge hémostatique).
  • Klebsiella (notamment Klebsiella pneumoniae) : Bacille à Gram négatif (BGN) de la famille des entérobactéries, à capsulation importante lui conférant une virulence accrue. C'est l'un des agents pathogènes majeurs responsables d'infections nosocomiales graves en réanimation, en particulier les pneumopathies acquises sous ventilation mécanique (PAVM), les infections du site opératoire, les bactériémies sur cathéter central et les pyélonéphrites aiguës. Sa capacité à acquérir des gènes de résistance (productrice de Bêta-Lactamase à Spectre Élargi - BLSE ou de carbapénémases) en fait une cible prioritaire de la surveillance microbiologique et de l'épargne antibiotique.
  • Klippel-Feil (Syndrome de - Conséquences Anesthésiques) : Malformation congénitale rare caractérisée par la fusion de deux ou plusieurs vertèbres cervicales, se traduisant par un cou court, une implantation basse des cheveux et une limitation sévère de la mobilité cervicale. Pour l'anesthésiste-réanimateur, ce syndrome représente un critère majeur d'intubation difficile imprévue, rendant la laryngoscopie directe impossible et imposant le recours au vidéolaryngoscope ou au fibroscope souple chez un patient maintenu en ventilation spontanée.
  • Kocher (Pince de) : Pince chirurgicale métallique articulée, dotée de mors crantés et de griffes terminales autobloquantes très robustes. Incontournable dans les boîtes de chirurgie d'urgence, de traumatologie, de dissection et d'accouchement. Elle permet une préhension solide et puissante des tissus résistants (apponévroses, muscles), la clampage de vaisseaux hémorragiques ou la traction sur des structures de résistance lors des parages de plaies.
  • Kocher (Manoeuvre de) : Geste opératoire chirurgical consistant à décoller le duodéno-pancréas pour accéder à la face postérieure du pancréas, à la voie biliaire principale et à la veine cave inférieure. En chirurgie d'urgence et en traumatologie abdominale majeure, elle est indispensable pour le contrôle des hémorragies rétro-péritonéales ou le bilan des plaies du carrefour bilio-pancréatique.
  • Kocher (Technique de Réduction de la Luxation de l'Épaule) : Méthode historique de réduction manuelle douce d'une luxation antéro-interne de l'articulation gléno-humérale. Elle combine une traction dans l'axe, une rotation externe progressive, une adduction du coude vers la ligne médiane et une rotation interne. Doit être pratiquée sous analgésie sédation procédurale ou après bloc interscalénique pour relâcher la contracture du muscle sous-scapulaire.
  • Kock (Poche de / Iléostomie Continente) : Réservoir intestinal confectionné à partir d'une anse iléale invaginée pour remplacer la vessie ou le côlon. En réanimation, la surveillance des stomies de Kock requiert des précautions particulières quant au drainage pour éviter la rupture du réservoir et la péritonite stercorale.
  • Korsakoff (Syndrome de) : Encéphalopathie d'origine carentielle en vitamine B1 (thiamine), survenant préférentiellement chez le patient alcoolique chronique après une encéphalopathie de Wernicke non ou mal traitée. Se caractérise par une amnésie antérograde massive, des confabulations (fabuloses) et de la fausse reconnaissance. En médecine d'urgence, la prévention impose la recharge systématique en thiamine intraveineuse avant toute perfusion de soluté glucosé chez un patient dénutri ou alcoolique.
  • Korotkoff (Bruits de) : Bruits hémodynamiques produits par le flux sanguin turbulent dans une artère partiellement comprimée par le brassard d'un tensiomètre. L'apparition du premier bruit (Phase I) définit la Pression Artérielle Systolique (PAS), tandis que la disparition totale des bruits (Phase V) définit la Pression Artérielle Diastolique (PAD) lors de la mesure auscultatoire de la pression artérielle.
  • Kussmaul (Respiration de) : Type de dyspnée caractérisé par une hyperventilation régulière, profonde et de fréquence variable, se décomposant en quatre temps égaux : inspiration profonde, pause inspiratoire, expiration brève et pause expiratoire. C'est une réponse physiologique de compensation respiratoire d'une acidose métabolique sévère (diminution du pH et baisse du taux de bicarbonates). L'hyperventilation vise à éliminer massivement le $CO_2$ pour faire remonter le pH. Elle s'observe typiquement dans la keto-acidose diabétique, l'acidose lactique du choc septique, l'insuffisance rénale terminale ou les intoxications graves (méthanol, salicylés).
  • Kussmaul (Signe de) : Augmentation paradoxale (ou absence de baisse physiologique) de la pression veineuse jugulaire et de la Pression Veineuse Centrale (PVC) lors de l'inspiration profonde. Alors que l'inspiration crée normalement une dépression intrathoracique facilitant le retour veineux vers le cœur droit, la présence d'un obstacle au remplissage du ventricule droit entraîne un reflux veineux rétrogarde visible par la turgescence des veines jugulaires. Ce signe oriente le médecin réanimateur ou urgentiste vers une péricardite constrictive, une tamponnade cardiaque, une insuffisance ventriculaire droite aiguë ou une embolie pulmonaire massive.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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