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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre L de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • Lactates (et Hyperlactatémie) : Produit final de la glycolyse anaérobie, la concentration de lactate sanguin (valeur normale < 2 mmol/L) est le marqueur biologique de référence de l'hypoxie tissulaire et de l'anoxie cellulaire en réanimation. Une hyperlactatémie précoce au cours du choc septique, cardiogénique ou hémorragique traduit une hypoperfusion systémique grave. La clairance des lactates sous traitement d'urgence constitue un paramètre pronostique majeur de la réanimation hémodynamique.
  • Laryngoscope (et Vidéolaryngoscope) : Dispositif médical composé d'une poignée et d'une lame (droite de Miller ou courbe de Macintosh) permettant de charger l'épiglotte et de visualiser l'orifice glottique lors de l'intubation orotrachéale. L'avènement du vidéolaryngoscope, intégrant une caméra haute définition à l'extrémité de la lame, a révolutionné la prise en charge des voies aériennes en améliorant la vision glottique (score de Cormack-Lehane) et en réduisant les échecs d'intubation difficile.
  • Laryngospasme : Réflexe de fermeture de protection des voies aériennes supérieures dû à la contraction spastique et soutenue des muscles laryngeurs (cordes vocales), le plus souvent déclenché par une stimulation nociceptive ou un agent irritant en anesthésie légère. Constitue une urgence anesthésique immédiate entraînant une obstruction complète des voies aériennes avec hypoxémie rapide. Son traitement repose sur la levée de la stimulation, la ventilation en pression positive à 100 % d'oxygène, l'application d'une pression sur le point de Larson (derrière la mandibule) et l'injection de succinylcholine si le spasme persiste.
  • LAST (Local Anesthetic Systemic Toxicity) : Acronyme désignant la toxicité systémique aux anesthésiques locaux. Il s'agit d'une complication rare mais extrêmement grave qui survient lorsqu'une quantité trop importante d'anesthésique local passe dans la circulation sanguine générale au lieu de rester localisée autour du troncs nerveux. Elle est causée par une injection intravasculaire accidentelle directe ou par une résorption systémique excessive à partir de tissus hautement vascularisés. Les manifestations de la LAST sont graduées et touchent principalement le système nerveux central et le système cardiovasculaire :
    • Atteinte neurologique centrale : Prodromes avec engourdissement péri-buccal, goût métallique dans la bouche, acouphènes, désorientation, évoluant rapidement vers une agitation, des convulsions généralisées et un coma.
    • Atteinte cardiovasculaire : Troubles de la conduction, bradycardie sévère, collapsus vasoplégique, arythmies ventriculaires complexes et arrêt cardiorespiratoire réfractaire aux manœuvres habituelles.
    • Prévention : L'utilisation systématique de l'anesthésie locorégionale (ALR) échoguidée est indispensable car elle permet la visualisation en temps réel du trajet de l'aiguille, des structures vasculaires et de la diffusion de l'anesthésique local. Le test d'aspiration systématique avant chaque réinjection fractionnée reste obligatoire.
    • Traitement d'urgence : Repose sur l'arrêt immédiat de l'injection d'AL, la maîtrise des voies aériennes, l'oxygénothérapie à 100 % et l'administration précoce d'une émulsion lipidique à 20 % (Intralipide) qui agit comme un piège lipidique (lipid sink) pour extraire la molécule cardiotoxique du secteur myocardique et nerveux.
  • Lavage Gastrique : Geste d'urgence consistant à évacuer le contenu de l'estomac par l'introduction d'une sonde de gros calibre (sonde de Faucher) et l'instillation d'eau tiède ou de sérum physiologique. Autrefois systématique dans les intoxications médicamenteuses aiguës, ses indications sont aujourd'hui très restreintes aux intoxications potentiellement mortelles ingérées depuis moins de 60 minutes, en raison des risques majeurs d'inhalation bronchique, de perforation digestive ou de troubles du rythme cardiaque.
  • Lavage Broncho-Alvéolaire (LBA) : Acte diagnostique pratiqué lors d'une fibroscopie bronchique consistant à instiller du sérum physiologique stérile dans une sous-segment pulmonaire puis à le réaspirer. Utilisé en réanimation pour identifier l'agent pathogène responsable d'une pneumopathie acquise sous ventilation mécanique (PAVM) ou explorer une hémorragie intra-alvéolaire chez le patient en détresse respiratoire aiguë.
  • Legg-Calvé-Perthes (Maladie de - Bilan Traumatique) : Ostéonécrose aseptique de la tête fémorale chez l'enfant. En traumatologie pédiatrique et aux urgences, elle doit être évoquée devant toute boiterie douloureuse de l'enfant sans notion d'accès infectieux aigu, nécessitant une mise au repos et un bilan d'imagerie spécifique.
  • Lévosimendan : Agent inodilatateur appartenant à la classe des sensibilisateurs au calcium des myofilaments cardiaques. Il augmente la contractilité du myocarde (effet inotrope positif) sans augmenter la consommation d'oxygène, tout en provoquant une vasodilatation artérielle et veineuse. Indiqué en réanimation pour le traitement de l'insuffisance cardiaque aiguë décompensée ou du choc cardiogénique, notamment en cas d'impuissance des bêta-mimétiques conventionnels ou chez les patients sous bêtabloquants.
  • Lévothyroxine (Traitements et Crises en Réanimation) : Hormone thyroïdienne de synthèse (T4). En soins critiques, la gestion de la lévothyroxine intervient lors de la prise en charge du coma myxœdémateux (hypothyroïdie grave) exigeant une rechargement intraveineux rapide, ou à l'inverse lors de la tempête thyréotoxique entraînant une défaillance multiviscérale.
  • Liaison aux Protéines Plasmatiques : Propriété pharmacocinétique définissant la fraction d'un médicament fixée aux protéines circulantes (principalement l'albumine et l'alpha-1-glycoprotéine acide). Seule la fraction libre d'un médicament est biologiquement active et métabolisable. En réanimation, l'hypoalbuminémie majeure observée chez les patients septiques ou dénutris modifie considérablement le volume de distribution et la toxicité potentielle des molécules fortement liées (comme certains anesthésiques ou antibiotiques).
  • Lidocaïne : Anesthésique local de la famille des amides et antiarythmique de classe Ib. Largement utilisée pour l'anesthésie d'infiltration, les blocs périnerveux et l'anesthésie topique des muqueuses. En médecine d'urgence et au bloc opératoire, elle est également injectée par voie intraveineuse à faible dose lors de l'induction pour atténuer le réflexe toussigène et la réponse hémodynamique à la laryngoscopie, ou pour traiter les arythmies ventriculaires aiguës secondaires à une ischémie myocardique.
  • Ligne Artérielle (Cathétérisme Artériel) : Pose d'un cathéter vasculaire dans une artère périphérique (le plus souvent l'artère radiale ou fémorale) raccordé à un capteur de pression. Permet le monitorage invasif continu de la pression artérielle battement par battement et la réalisation de prélèvements sanguins répétés (gaz du sang) chez le patient instable au bloc opératoire ou en réanimation.
  • Linezolid : Antibiotique de la famille des oxazolidinones agissant par inhibition de la synthèse protéique bactérienne. Actif exclusivement sur les bactéries à Gram positif, il constitue une molécule de choix en réanimation pour le traitement des pneumopathies graves et des infections compliquées de la peau et des tissus mous causées par le Staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) ou les Entérocoques résistants à la vancomycine (ERV).
  • Lithium (Toxicité et Surdosage) : Régulateur de l'humeur à marge thérapeutique très étroite. L'intoxication aiguë au lithium constitue une urgence toxicologique caractérisée par des troubles digestifs, des tremblements, une ataxie, des convulsions et un coma. La présence d'une insuffisance rénale aiguë associée ou de taux plasmatiques élevés (> 2,5 mEq/L) impose la réalisation d'une séance d'hémodialyse en urgence.
  • LMD (Licence-Master-Doctorat) : Système d'organisation de l'enseignement supérieur harmonisé à l'échelle internationale, découpant les études en trois grades : Licence (3 ans / Bac+3), Master (2 ans après la licence / Bac+5) et Doctorat (3 ans après le master / Bac+8).
  • Loi de Boyle-Mariotte : Loi de physique fondamentale stipulant qu'à température constante, le volume d'un gaz est inversement proportionnel à sa pression (P x V = constante). En médecine de catastrophe, de transport héliporté et en médecine hyperbare, cette loi explique l'expansion des bulles d'air lors de l'ascension en altitude, entraînant le risque de pneumothorax sous tension ou la dilatation des ballonnets de sondes d'intubation s'ils ne sont pas contrôlés.
  • Loi de Hagen-Poiseuille : Loi physique régissant l'écoulement laminaire d'un fluide visqueux dans un tuyau cylindrique. Elle démontre que le débit est directement proportionnel au quatrième pouvoir du rayon du conduit (r4). En réanimation et en médecine d'urgence, elle explique pourquoi la vitesse d'infusion d'un soluté de remplissage dans un choc hémorragique dépend de façon prépondérante du diamètre du cathéter veineux (privilégier un cathéter court et de gros calibre type 14G ou 16G) plutôt que de sa longueur.
  • Loi de Starling (Équations de Starling) : Principes physiologiques régissant les mouvements de fluides à travers la membrane capillaire sous l'influence de la pression hydrostatique et de la pression oncotique. Elle est au cœur de la compréhension de la formation de l'œdème aigu du poumon (OAP) et du remplissage vasculaire lors du choc septique.
  • Lorazépam : Benzodiazépine d'action intermédiaire possédant un effet anticonvulsivant, sédatif et anxiolytique puissant. C'est l'un des traitements de première intention préconisés dans la prise en charge médicale d'urgence de l'état de mal épileptique convulsif et de l'agitation aiguë chez le patient en sevrage alcoolique.
  • Lordose Cervicale (Conservation en Réanimation) : Curvature physiologique du rachis cervical. Son respect lors des manœuvres d'immobilisation (collier cervical, blocs de tête) chez le patient polytraumatisé est crucial pour éviter toute aggravation d'une lésion médullaire instable.
  • Low Cardiac Output Syndrome (Syndrome de Bas Débit Cardiaque) : Défaillance aiguë de la fonction de pompe ventriculaire entraînant un débit cardiaque insuffisant pour couvrir les besoins en oxygène des organes nobles. Très fréquent au décours de la chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle (CEC), il se manifeste par une hypotension, une oligurie, une hyperlactatémie et nécessite le soutien par agents inotropes ou assistance circulatoire temporaire.
  • LSD (Lysergic Acid Diethylamide - Toxicité Aiguë) : Substance hallucinogène de synthèse agissant sur les récepteurs sérotoninergiques. L'intoxication aiguë aux urgences se manifeste par un état de délire panique (bad trip), des hallucinations, une mydriase, des accès d'hypertension et d'hyperthermie. Le traitement repose sur l'isolement au calme et l'administration de benzodiazépines.
  • Lumbalgie Aiguë et Syndrome de la Queue de Cheval : La lumbalgie aiguë constitue un motif fréquent de consultation aux urgences. Son évaluation exige la recherche systématique de "drapeaux rouges" (red flags) évoquant une urgence chirurgicale, en particulier le syndrome de la queue de cheval (anesthésie en selle, troubles sphinctériens, déficit moteur des membres inférieurs) imposant une IRM lombaire en urgence et une décompression neurochirurgicale.
  • Lumière Int intestinale (Thrombose Ischémique) : L'ischémie mésentérique aiguë résulte de l'interruption du flux sanguin dans l'artère mésentérique supérieure alimentant la lumière intestinale. Elle représente une urgence médico-chirurgicale foudroyante nécessitant une angioplastie ou une résection digestive avant l'évolution vers l'infarctus entérique stercoral.
  • Luxation Articulaire (Épaule, Hanche, Genou) : Perte permanente de contact entre les surfaces articulaires. Les luxations traumatiques constituent des urgences traumatologiques strictes nécessitant une évaluation vasculo-nerveuse périphérique, une réduction fermée rapide sous sédation procédurale d'urgence ou analgésie locorégionale, suivie d'une immobilisation contrôlée. La luxation du genou est particulièrement redoutée en raison du risque majeur de lésion de l'artère poplitée.
  • Lyell (Syndrome de) / Nécrolyse Épidermique Toxique (NET) : Forme la plus sévère des toxidermies bulleuses médicamenteuses, caractérisée par une nécrose brutale de l'épiderme touchant plus de 30 % de la surface corporelle, associée à des atteintes muqueuses diffuses. Elle entraîne un décollement cutané massif signe d'un signe de Nikolsky positif. Prise en charge en réanimation spécialisée ou en centre de brûlés pour un traitement similaire à celui des brûlures graves (réhydratation hydro-électrolytique, asepsie rigoureuse, nutrition hypercalorique).
  • Lymphopénie (en Soins Critiques) : Chute de la numération des lymphocytes sanguins en dessous de 1000/mm3. En réanimation, une lymphopénie profonde et persistante au décours d'un choc septique témoigne d'une immuno-paralysie post-agressive, exposant le patient à un risque très élevé de surinfections nosocomiales opportunistes et de réactivation de virus dormants (CMV, HSV).
  • Lysogénie : État d'une bactérie dont le matériel génétique a été modifié par l'intégration du génome d'un virus bactérien (bactériophage). Seules les souches de Corynebacterium lysogénisées sont toxigènes.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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