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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre I de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • IAE / IADE (Infirmier Anesthésiste / Infirmier Anesthésiste Diplômé d'État) : Infirmier spécialisé titulaire d'une formation supérieure (Master ou équivalent de 2 ans) en anesthésie, réanimation et soins d'urgence, habilité à pratiquer des actes d'anesthésie et d'analgésie sous la responsabilité d'un médecin anesthésiste-réanimateur.
  • IAO (Infirmier·ère d'Accueil et d'Orientation) : Professionnel·le de santé chargé·e du triage, de l'évaluation initiale et de la priorisation des patients à leur arrivée aux urgences.
  • Iatrogénèse (ou Iatrogénie) : Ensemble des effets indésirables, des complications ou des préjudices provoqués par un acte médical, un geste chirurgical, un diagnostic ou la prescription d'un médicament. Il s'agit d'un dommage subi par le patient qui est directement lié à l'intervention du système de soins (erreur de dosage, surdosage en sédatifs, infection nosocomiale sur cathéter, réaction médicamenteuse adverse, barotraumatisme lié au ventilateur ou réglage inadapté d'un dispositif médical), que cette intervention soit justifiée ou non. La prévention de la iatrogénie est un objectif majeur de la sécurité des soins et de la gestion des risques au bloc opératoire.
  • IBODE (Infirmier de Bloc Opératoire Diplômé d'État) : Infirmier spécialisé dans l'environnement chirurgical, responsable de la préparation du matériel, de l'hygiène au bloc opératoire et de l'assistance directe du chirurgien pendant les interventions.
  • Ictère : Coloration jaunâtre de la peau, des muqueuses et des sclérotiques due à l'accumulation de bilirubine dans le sang (hyperbilirubinémie). En réanimation et en médecine d'urgence, l'apparition d'un ictère aigu doit faire rechercher une hémolyse aiguë, une insuffisance hépato-cellulaire sévère, une lithiase de la voie biliaire principale ou une angiocholite nécessitant une prise en charge médico-chirurgicale rapide.
  • Ictus Amnésique : Trouble transitoire de la mémoire à court terme, d'apparition brutale, survenant préférentiellement chez le sujet d'âge mûr. Caractérisé par une amnésie antérograde massive avec interrogations répétitives de la part du patient, sans perte de conscience ni déficit moteur. Bien que bénin, il impose d'éliminer aux urgences un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un état de mal épileptique focal.
  • IDE (Infirmier Diplômé d'État) : Professionnel de santé titulaire d'un diplôme ou d'une licence professionnelle d'État lui conférant les compétences légales pour concevoir, dispenser et coordonner des soins infirmiers préventifs, curatifs ou réhabilitatifs.
  • Iléus Paralytique : Interruption du transit intestinal liée à une atonie musculaire ou un dysfonctionnement nerveux de la paroi digestive, sans obstacle mécanique. Très fréquent en post-opératoire de chirurgie abdominale majeure, en réanimation chez le patient ventilé ou lors de désordres hydro-électrolytiques (notamment l'hypokaliémie). Sa prise en charge repose sur la correction des facteurs déclenchants, la mobilisation précoce et l'épargne morphinique.
  • Infarctus du Myocarde (IDM) : Nécrose irréversible d'une partie du muscle cardiaque secondaire à une ischémie aiguë prolongée, le plus souvent causée par la rupture d'une plaque d'athérome et la formation d'un thrombus dans une artère coronaire. Constitue une urgence cardiologique et médicale majeure imposant une revascularisation en urgence (angioplastie coronaire primaire ou thrombolyse) pour limiter la taille de la nécrose et prévenir le choc cardiogénique.
  • Infection Nosocomiale (ou Infection Associée aux Soins - IAS) : Infection contractée au cours ou au décours d'une prise en charge médicale, hospitalière ou ambulatoire, qui n'était ni présente ni en incubation lors de l'admission du patient. En médecine d'urgence et en réanimation, les formes les plus redoutées sont les pneumopathies acquises sous ventilation mécanique (PAVM), les infections liées aux cathéters veineux centraux et les bactériémies à germes multirésistants.
  • Infiltration d'Anesthésique Local : Technique d'anesthésie locorégionale simple consistant à injecter directement un produit anesthésique (lidocaïne, bupivacaïne) dans les tissus cutanés, sous-cutanés ou au niveau d'une plaie opératoire. Utilisée pour la réalisation de petites chirurgies, de sutures aux urgences ou pour la composante antalgique pariétale en post-opératoire immédiat.
  • Infirmier·ère d'Accueil et d'Orientation (IAO) : Professionnel·le de santé chargé·e du triage, de l'évaluation initiale et de la priorisation des patients à leur arrivée aux urgences.
  • Inotropes (ou Inotropes Positifs) : Classe d'agents pharmacologiques vasoactifs (Adrénaline, Dobutamine, Milrinone) augmentant la contractilité du muscle cardiaque (myocarde). Indiqués dans le traitement des défaillances de la pompe cardiaque, notamment au cours du choc cardiogénique ou lors de décompensations d'insuffisance cardiaque aiguë en réanimation.
  • Insuffisance Cardiaque Aiguë (ICA) : Incapacité brutale du cœur à assurer un débit sanguin suffisant pour répondre aux besoins métaboliques des organes, ou incapacité à le faire sans élévation anormale des pressions de remplissage ventriculaire. Se manifeste fréquemment par un œdème aigu du poumon (OAP) ou un état de choc, imposant une prise en charge immédiate par oxygénothérapie, VNI, dérivés nitrés ou inotropes.
  • Insuffisance Rénale Aiguë (IRA) : Dégradation rapide et potentiellement réversible de la fonction d'épuration rénale survenant en quelques heures ou quelques jours. Caractérisée par une élévation de la créatininémie et souvent une oligurie ou une anurie. En réanimation, elle est fréquemment observée lors des chocs septiques, des rhabdomyolyses ou après administration de produits de contraste iodés, et peut nécessiter le recours à l'hémofiltration continue.
  • Insuffisance Respiratoire Aiguë (IRA) : Défaillance brutale du système respiratoire ne permettant plus de maintenir des gaz du sang normaux, se traduisant par une hypoxémie grave associée ou non à une hypercapnie. Constitue l'un des motifs les plus fréquents d'admission en réanimation et nécessite la mise en œuvre rapide d'une oxygénothérapie haut débit, d'une ventilation non invasive (VNI) ou d'une ventilation mécanique invasive après intubation.
  • Intra-Osseuse (IO) : Voie d'administration vasculaire d'urgence alternative à la voie veineuse périphérique ou centrale. Elle consiste à insérer une aiguille spécifique directement dans la cavité médullaire d'un os long (le plus souvent l'extrémité supérieure du tibia, la tête humérale ou le distal tibial). Utilisée préférentiellement lors de l'arrêt cardiorespiratoire, du choc hémorragique sévère ou en pédiatrie lorsque l'accès veineux est impossible à obtenir en moins de 90 secondes. Permet la perfusion rapide de tous les solutés, produits sanguins et médicaments de l'urgence.
  • Intra-Veineuse (IV) : Voie d'administration des médicaments ou des solutés directement dans le réseau veineux (peripheral ou central). C'est la voie privilégiée en anesthésie, en réanimation et en médecine d'urgence en raison de son action immédiate, de son absorption complète ($100\%$ de biodisponibilité) et de la possibilité de titrer précisément la posologie des molécules à marge thérapeutique étroite.
  • Intubation Trachéale (ou Orotrachéale / Nasotrachéale) : Geste technique fondamental en anesthésie et en médecine d'urgence consistant à introduire une sonde à ballonnet dans la trachée à travers la glotte pour assurer la liberté absolue des voies aériennes, protéger le arbre trachéobronchique contre les inhalations du contenu gastrique et permettre la ventilation mécanique assistée.
  • Intubation Difficile : Situation clinique dans laquelle un opérateur entraîné nécessite plus de deux tentatives de laryngoscopie ou plus de 10 minutes pour réaliser l'intubation trachéale. Elle fait l'objet d'un algorithme de prise en charge codifié (utilisation d'un mandrin béquillé, du vidéolaryngoscope, du fibroscope souple ou du masque laryngé de sauvetage) afin de prévenir le risque d'anoxie cérébrale.
  • IP / IPA / NP (Infirmier en Pratique Avancée / Nurse Practitioner) : Infirmier diplômé ayant suivi une formation supérieure spécialisée (Master ou Doctorat) lui conférant des compétences élargies : réalisation de consultations, prescription d'examens et de traitements, et suivi direct de pathologies ciblées ou stabilisées.
  • IRSNA (Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine et de la Norépinéphrine) : Classe d'antidépresseurs (ex. Venlafaxine, Duloxétine) agissant en bloquant la recapture de deux neurotransmetteurs majeurs : la sérotonine et la noradrénaline (norépinéphrine) dans la fente synaptique. En consultation de pré-anesthésie, leur présence nécessite une évaluation du risque d'instabilité hémodynamique lors de l'induction et une vigilance face au risque de syndrome sérotoninergique en cas d'interaction avec certains antalgiques majeurs (Tramadol).
  • Ischémie ou Ischémie tissulaire : Diminution ou arrêt total de la circulation sanguine artérielle dans un tissu ou un organe, entraînant une privation brutale d'oxygène (hypoxie) et de nutriments essentiels. Sans revascularisation rapide, l'ischémie évolue inévitablement vers la nécrose cellulaire irréversible, comme dans l'accident vasculaire cérébral ischémique, l'infarctus du myocarde ou l'ischémie aiguë de membre.
  • ISRS (Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine) : Classe d'antidépresseurs la plus couramment prescrite (ex. Fluoxétine, Sertraline, Citalopram), agissant en augmentant la concentration de sérotonine dans la fente synaptique par inhibition sélective de son transporteur de recapture. Leur présence chez le patient devant bénéficier d'une anesthésie générale exige une attention particulière au risque d'allongement de l'intervalle QTc à l'ECG et d'interactions avec d'autres molécules pro-sérotoninergiques.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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