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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre O de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • OAP (Œdème Aigu du Poumon) : Accumulation rapide et anormale de fluide dans le parenchyme et les alvéoles pulmonaires, perturbant gravement les échanges gazeux et entraînant un tableau de détresse respiratoire aiguë asphyxique. On distingue deux mécanismes physiopathologiques principaux :
    • OAP Cardiogénique : Élévation brutale de la pression capillaire pulmonaire (> 18 mmHg) secondaire à une défaillance du ventricule gauche (insuffisance cardiaque aiguë, poussée hypertensive, crise ischémique, cardiopathie valvulaire). Il se traduit par une dyspnée d'effort puis de repos, des crépitants bilatéraux à l'auscultation, une expectoration mousseuse rosée et une congestion veineuse systémique.
    • OAP Lésionnel : Atteinte directe ou indirecte de la membrane alvéolo-capillaire avec augmentation de la perméabilité (Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë - SDRA), survenant au cours du choc septique, de la pancréatite aiguë, de l'inhalation ou du polytraumatisme, sans élévation préalable de la pression artérielle gauche.
    • Prise en charge d'urgence : Constitue une urgence vitale absolue nécessitant une assise redressée, la mise sous ventilation non invasive (VNI en mode CPAP ou VS-PEP) pour récruter les alvéoles, l'administration de dérivés nitrés par voie intraveineuse ou sublinguale (en cas d'OAP cardiogénique hypertensif), l'utilisation de diurétiques de l'anse (Furosémide) et une oxygénothérapie titrée.
  • Obésité Morbide (Prise en Charge Péri-Opératoire et Urgences) : Définie par un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 40 kg/m2. Chez le patient critique ou opéré, l'obésité morbide modifie profondément la mécanique ventilatoire (réduction de la capacité résiduelle fonctionnelle, atélectasies rapides à l'induction, désaturation ultra-rapide) et la pharmacocinétique des anesthésiques (ajustement des doses selon le poids idéal, le poids maigre ou le poids total). Elle impose une pré-oxygénation en position proclive (head-up), un équipement adapté pour l'intubation difficile et une prophylaxie thromboembolique renforcée.
  • Oculo-Cardiaque (Réflexe) (Réflexe de Aschner) : Ralentissement prononcé de la fréquence cardiaque (bradycardie sinusale, blocs auriculo-ventriculaires, voire asystolie syncopale) provoqué par une traction exercée sur les muscles oculaires extrinsèques ou par une pression directe sur le globe oculaire. Il s'agit d'un réflexe vagal majeur dont la voie afférente emprunte le nerf ophtalmique (branche du trijumeau, V1) et la voie efférente le nerf vague (X). Ce réflexe doit faire l'objet d'une surveillance continue en anesthésie pédiatrique et lors des interventions de chirurgie ophtalmologique (strabisme) ou maxillo-faciale. Son traitement repose sur l'arrêt immédiat de la stimulation chirurgicale et l'injection d'un anticholinergique comme l'Atropine.
  • Oculo-Céphalique (Réflexe) (Yeux de Poupée) : Test clinique d'évaluation du tronc cérébral réalisé chez le patient comateux. Il consiste à imprimer une rotation horizontale ou verticale rapide à la tête du patient :
    • Réflexe présent (normal) : Les yeux dévient de manière conjuguée dans la direction opposée au mouvement de la tête (maintien de la fixation visuelle, équivalent des yeux de poupée).
    • Réflexe absent (pathologique) : Les yeux restent immobiles dans leurs orbites et suivent passivement le mouvement de la tête, témoignant d'une déconnexion ou d'une dysfonction sévere du tronc cérébral (lésion mésencéphalique ou pontique).
    • Contre-indication absolue : Ce test est strictement contre-indiqué en cas de traumatisme crânien ou cervical tant qu'une lésion instable du rachis cervical n'a pas été formellement éliminée par l'imagerie.
  • Ogden (Score de) / Scores d'Analgésie et Sédation : Échelles et critères normés d'évaluation de la douleur, de l'anxiété et de la profondeur de sédation en soins intensifs et au bloc opératoire. Alors que l'échelle visuelle analogique (EVA) ou l'échelle numérique (EN) reposent sur l'auto-évaluation chez le patient communicant, les scores comportementaux comme le score de Comfort, le score BPS (Behavioral Pain Scale) ou le score CPOT sont indispensables chez le patient intubé-ventilé. De même, les échelles de sédation comme le score RASS (Richmond Agitation-Sedation Scale) ou le score de Ramsay permettent de titrer précisément l'administration des sédatifs et opiacés afin d'éviter la sous-sédation (source de détresse) et la sur-sédation (allongeant la durée de ventilation mécanique).
  • Oligurie : Diminution du débit urinaire en dessous du seuil physiologique de 0,5 mL/kg/h chez l'adulte (ou < 1 mL/kg/h chez le nourrisson) maintenue sur une période d'au moins 6 heures consécutives. L'oligurie constitue un marqueur clinique précoce et d'une sensibilité extrême pour le dépistage de l'Insuffisance Rénale Aiguë (IRA), classifiée selon les critères KDIGO. En réanimation et en période post-opératoire, elle traduit le plus souvent une cause fonctionnelle (hypovolémie efficace, choc septique, choc cardiogénique, déshydratation) nécessitant un bilan hémodynamique guidé et une épreuve de remplissage avant d'évoquer une nécrose tubulaire aiguë ou une cause obstructive.
  • Ondansétron : Antagoniste sélectif des récepteurs sérotoninergiques de type 5-HT3, agissant à la fois au niveau central dans la Zone Gâchette Chémoréceptrice (CTZ) et au niveau périphérique sur les vagales digestives. Molecule clé dans la prévention et le traitement des nausées et vomissements post-opératoires (NVPO) ainsi que des émèses indésirables induites par la chimiothérapie ou la radiothérapie. Son administration intraveineuse est rapide et sûre, nécessitant simplement une prudence en cas d'allongement préexistant de l'intervalle QT sur l'ECG.
  • Opioïde : Famille majeure de substances naturelles (dérivées de l'opium comme la morphine), semi-synthétiques ou synthétiques (fentanyl, sufentanil, alfentanil, remifentanil) qui se lient spécifiquement aux récepteurs opioïdes (mu, delta, kappa) du système nerveux central et périphérique. Ils constituent la classe pharmacologique de référence pour l'analgésie intra-hospitalière, la gestion des douleurs aiguës intenses et la composante antalgique de l'anesthésie générale. Leur prescription et leur administration requièrent une vigilance clinique permanente quant au dépistage précoce des effets indésirables, en premier lieu la dépression respiratoire centrale (bradypnée, hypoxémie), la sédation excessive, le prurit, l'iléus paralytique et la rétention d'urine.
  • Oropharyngée (Canule) (Canule de Guedel ou de Mayo) : Dispositif médical semi-rigide en plastique courbé, inséré dans la cavité buccale pour maintenir la liberté des voies aériennes supérieures. En s'appuyant entre la base de la langue et le mur pharyngé postérieur, elle empêche la chute de la langue en arrière chez le patient présentant une dépression de la conscience (coma, anesthésie générale). La taille de la canule doit être rigoureusement adaptée à la morphologie du patient (mesurée de la commissure des lèvres à l'angle de la mandibule). Sa pose est contre-indiquée chez le patient conscient ou semi-conscient en raison du risque majeur de déclenchement d'un réflexe nauséeux, d'un vomissement avec inhalation ou d'un laryngospasme.
  • Osmolarité / Osmolalité Plasmatique : Mesure de la concentration globale des molécules osmotiquement actives par litre de solution (osmolarité en $\text{mOsm/L}$) ou par kilogramme d'eau (osmolalité en mOsm/kg). L'osmolalité plasmatique calculée (2 x [Na+] + [Glucose] + [Urée]) est normalement comprise entre 280 et 295 mOsm/kg. Son suivi est fondamental dans la prise en charge des désordres hydro-électrolytiques sévères (dysnatrémies), des états de déshydratation intracellulaire, des comas hyperosmolaires diabétiques et lors de la thérapie osmolaire de l'hypertension intracrânienne chez le cérébro-lésé (administration de Mannitol à 20 % ou de Sérum Salé Hypertonique), afin d'éviter un trou osmolal excessif et la survenue d'une nécrose tubulaire.
  • Oximétrie de Pouls (Pulse Oximetry / SpO2) : Méthode de mesure continue et non invasive de la saturation fonctionnelle de l'hémoglobine en oxygène dans le sang artériel (SpO2), fondée sur la spectrophotométrie d'absorption de la lumière rouge et infrarouge à travers un lit capillaire pulsatile. Élément obligatoire du monitorage standard minimal en anesthésie et réanimation, elle permet le dépistage immédiat de l'hypoxémie. Ses limites d'interprétation doivent être connues du praticien : perte de signal en cas de vasoconstriction, d'hypotension majeure, d'hypothermie, ou valeurs faussement rassurantes en présence de méthémoglobine ou de carboxyhémoglobine (intoxication au monoxyde de carbone).
  • Oxygénothérapie (Bas Débit et Haut Débit - Optiflow) : Administration médicale d'oxygène pur (100 % O2) à des concentrations réglées supérieures à celle de l'air ambiant (FiO2 > 21 %) pour corriger ou prévenir l'hypoxémie et garantir une délivrance tissulaire en oxygène (DO2) suffisante. On distingue :
    • L'Oxygénothérapie Standard (Bas Débit) : Délivrée par lunettes nasales, masque simple ou masque à haute concentration avec réservoir (permettant une FiO2 allant jusqu'à 90 %).
    • L'Oxygénothérapie Nasale à Haut Débit (OHD / Optiflow) : Délivrance d'un mélange gazeux humidifié et réchauffé à température corporelle (37o C), avec un débit pouvant atteindre 60 à 70 L/min et une FiO2 réglable de 21 % à 100 %. Elle offre une faible pression positive expiratoire (effet PEP), balaye l'espace mort pharyngé pour réduire l'hypercapnie, diminue le travail respiratoire et améliore le confort du patient en détresse respiratoire aiguë hypoxémique.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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