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Glossaire de l'Anesthésie, Réanimation et autres - Lettre N de la STAARMUC

 

Cet article fait partie de notre dossier complet sur le glossaire de la STAARMUC. Pour une vue d'ensemble, cliquez ici.

  • Naloxone : Antagoniste pur et spécifique des récepteurs opioïdes (mu, delta, kappa). Administrée par voie intraveineuse, intramusculaire ou intranasale, la naloxone constitue le traitement d'urgence absolu de la dépression respiratoire aiguë secondaire à un surdosage en morphiniques (intoxication aux opiacés). En raison d'une demi-vie d'élimination souvent plus courte que celle de l'opiacé incriminé, sa durée d'action est limitée et nécessite une surveillance prolongée ainsi que de possibles réinjections ou une perfusion continue pour éviter le phénomène de resédation.
  • NC III (Nerf Oculomoteur) : Troisième paire de nerfs crâniens, responsable de la motricité de plusieurs muscles de l'œil et de la constriction de la pupille (réflexe photomoteur).
  • Néostigmine : Inhibiteur acétylcholinestérasique (anticholinestérasique) utilisé pour la décurarisation en fin d'anesthésie chez les patients ayant reçu un curare non dépolarisant. En bloquant la dégradation de l'acétylcholine dans la fente synaptique, elle restaure la transmission neuromusculaire. Son administration doit obligatoirement être associée à un anticholinergique (comme l'atropine ou le glycopyrrolate) afin d'éviter les effets secondaires muscariniques graves (bradycardie severe, hypersécrétion bronchique, bronchospasme).
  • Neuroprotection (Cérébrale) : Ensemble des stratégies médicales et thérapeutiques visant à préserver l'intégrité du tissu cérébral et à limiter l'extension des lésions cérébrales secondaires d'origine systémique (ACSOS) chez le patient cérébro-lésé (traumatisme crânien grave, accident vasculaire cérébral, arrêt cardiorespiratoire). Elle repose sur l'optimisation de la pression de perfusion cérébrale (PPC), la maîtrise stricte de la normocapnie, de la normoglycémie, de la normothermie et le contrôle de l'hypertension intracrânienne.
  • Neuropathie Diabétique : Complication microvasculaire chronique du diabète caractérisée par des lésions destructrices des fibres nerveuses périphériques. Sur le plan clinique, la neuropathie diabétique se manifeste fréquemment par des douleurs neuropathiques intenses (séquences de brûlures, picotements, allodynie, décharges électriques, prédominant aux membres inférieurs), responsables d'un retentissement majeur sur la qualité de vie, altérant l'endormissement et fragmentant le sommeil. En péri-opératoire et en réanimation, la neuropathie diabétique autonome impose une vigilance accrue en raison des risques de dysautonomie sévère (hypotension orthostatique, instabilité tensionnelle à l'induction anesthésique, gastroparésie retardant la vidange gastrique et majorant le risque d'inhalation).
  • Neuroplasticité : Capacité fondamentale du système nerveux central à modifier sa structure, ses connexions synaptiques et son fonctionnement en réponse aux expériences, aux apprentissages, mais aussi aux agressions traumatiques ou Ischémiques. En médecine d'urgence, de réanimation et de prise en charge du stress, la neuroplasticité joue un rôle clé dans la récupération fonctionnelle après un AVC ou un trauma crânien. À l'inverse, le stress chronique, la douleur persistante et l'inflammation systémique aiguë subie lors d'un séjour en réanimation peuvent altérer cette capacité, notamment au niveau de l'hippocampe, contribuant directement à la survenue des troubles de l'humeur, des dépressions secondaires et du syndrome de stress post-traumatique (SSPT) post-réanimation.
  • Nimodipine : Inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines présentant un tropisme vasculaire cérébral sélectif. Indiquée par voie orale ou intraveineuse continue dans la prise en charge des hémorragies sous-arachnoïdiennes (rupture d'anévrisme cérébral) pour prévenir et traiter le vasospasme cérébral, complication ischémique redoutable survenant habituellement entre le 4ème et le 14ème jour post-rupture.
  • Nitroglycérine (Trinitrine) : Vasodilatateur puissant appartenant à la classe des dérivés nitrés, agissant principalement par libération de monoxyde d'azote (NO) entraînant une vénodilatation prédominante à faible dose et une vasodilatation artérielle à dose élevée. Administrée par voie sublinguale ou intraveineuse continue, elle constitue un traitement de première ligne dans l'œdème aigu du poumon (OAP) cardiogénique pour réduire la précharge cardiaque et dans le syndrome coronarien aigu (SCA) pour soulager l'ischémie myocardique.
  • Nitroprussiate de Sodium : Vasodilatateur mixte (artériel et veineux) d'action immédiate et de très courte durée, administré en perfusion intraveineuse continue au pousse-seringue électrique. Utilisé au bloc opératoire et en réanimation pour le traitement des urgences hypertensives majeures ou pour induire une hypotension contrôlée en chirurgie. Son utilisation prolongée ou à fortes doses expose au risque d'intoxication aux cyanures et aux thiocyanates.
  • No-Reflow (Phénomène de) : Absence de reperfusion tissulaire myocardique ou cérébrale efficace au niveau microvasculaire, malgré la levée confirmée de l'obstacle mécanique sur l'artère coronaire ou cérébrale principale (après angioplastie ou thrombectomie). Résulte de la combinaison de micro-embolies, d'un œdème des cellules endothéliales et d'un spasme microvasculaire, assombrissant le pronostic fonctionnel de l'infarctus du myocarde ou de l'AVC ischémique.
  • Noradrénaline (Norépinéphrine) : Amine sympathomimétique agissant principalement comme un puissant agoniste des récepteurs alpha-1 adrénergiques vasculaires, provoquant une vasoconstriction intense et une augmentation des résistances vasculaires systémiques avec un effet bêta-1 modéré. C'est le vasopresseur de première intention recommandé dans la prise en charge du choc septique, du choc vasoplégique post-CEC et du choc anaphylactique réfractaire pour restaurer la pression artérielle moyenne (PAM) et assurer une pression de perfusion minimale des organes nobles.
  • Noyade (Prise en Charge des Asphyxies par Submersion) : Inhalation d'eau ou de liquide entraînant une défaillance respiratoire aiguë par asphyxie. La physiopathologie repose sur le lavage du surfactant alvéolaire, le collapse alvéolaire, l'œdème lésionnel et un mismatch ventilation/perfusion provoquant une hypoxémie profonde et un arrêt cardiorespiratoire hypoxique. La prise en charge médicale d'urgence repose sur l'oxygénothérapie immédiate, la ventilation en pression positive (CPAP ou ventilation invasive avec PEEP), la prévention de l'hypothermie et le contrôle de l'œdème cérébral anoxique.
  • NPi (Neurological Pupil index) : Indice numérique issu de la pupillométrie automatisée (de 0 à 5) permettant de quantifier objectivement la réactivité pupillaire. Un score inférieur à 3 indique une anomalie.
  • NRA (Nombre de Réimpressions ou Niveaux de Risque Anesthésique) : Évaluation globale de la vulnérabilité du patient au bloc opératoire combinant le terrain du patient (score ASA) et la lourdeur intrinsèque de l'acte chirurgical, permettant d'adapter la stratégie de surveillance hémodynamique et d'analgésie post-opératoire.
  • NVPO (Nausées et Vomissements Post-Opératoires) : Sigle désignant l'une des complications les plus fréquentes et inconfortables en période post-opératoire immédiate, survenant en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) ou en hospitalisation. Déclenchés par la stimulation du centre du vomissement dans le bulbe rachidien via plusieurs voies réceptrices (dopaminergiques, sérotoninergiques, histaminiques et muscariniques), les NVPO sont favorisés par des facteurs de risque identifiés par le score de Apfel (sexe féminin, statut non-fumeur, antécédents de NVPO ou de maladie des transports, utilisation d'opioïdes post-opératoires). Leur prise en charge repose sur une stratégie prophylactique multitarget associant des antiémétiques de classes différentes (dexaméthasone, ondansétron, droperidol) et la réduction de l'exposition aux halogénés et aux morphiniques.
  • Nystagmus : Mouvement d'oscillation involontaire, saccadé et rythmique des yeux, composé d'une phase lente de dérive et d'une phase rapide de resaccade de rappel. Il révèle une atteinte des systèmes vestibulaire, cérébelleux ou des voies oculomotrices du tronc cérébral.

La précision du langage est le socle de la sécurité des soins et de l'excellence académique. Dans les domaines de l'anesthésie, de la réanimation et de la médecine d'urgence ou de la médecine tout simplement, chaque terme possède une résonance particulière et une application critique. C'est pourquoi la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe (STAARMUC) a choisi de mettre en place un glossaire dynamique et collaboratif.

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