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Un peu d'histoire sur les Sociétés Savantes

 

L'émergence du concept (XVIIe siècle)

S'il est difficile de dater la "toute première" Société Savantes, c'est au XVIIe siècle que le terme « Société » commence à désigner des groupements de savants. Avant cela, on parlait plutôt d'« Académies » (inspirées de l'Antiquité).

Le véritable tournant survient en 1660 avec la création de la Royal Society à Londres. Bien qu'elle soit généraliste, elle accueillait de nombreux médecins et a fixé le standard : une « société » est un groupe de Pairs qui partagent des travaux expérimentaux plutôt que de simples théories scolastiques. En France, l'Académie Royale des Sciences (1666) suivra une voie similaire, mais le mot « société » prendra son essor médical un peu plus tard.

La naissance des sociétés médicales spécialisées (XVIIIe siècle)

C'est au XVIIIe siècle que le mot « société » s'ancre spécifiquement dans le paysage médical. L'un des exemples les plus emblématiques est la Société Royale de Médecine, fondée en France en 1776.

Pourquoi le mot « société » ?

  • Indépendance : À l'époque, les Facultés de médecine étaient perçues comme conservatrices. Créer une "société" permettait aux médecins de se réunir hors du cadre universitaire rigide.
  • Réseau : La Société Royale de Médecine de 1776 avait pour mission de correspondre avec des médecins de province et de l'étranger. Le mot « société » évoque alors cette notion de réseau de correspondants.

Le XIXe siècle : l'âge d'or de la terminologie

Après la Révolution française, qui avait supprimé les académies, le XIXe siècle voit une explosion du nombre de ces structures. C'est à cette période que l'usage du terme devient systématique pour désigner l'excellence et la spécialisation :

  • Société de Chirurgie de Paris (1843)
  • Société de Biologie (1848)

À cette époque, être membre d'une « société » n'est pas simplement une adhésion administrative (comme pour une association loi 1901 moderne) ; c'est un titre honorifique. On y entre par cooptation après avoir présenté des travaux de recherche originaux.

Pourquoi est-ce difficile à déterminer précisément ?

La difficulté de datation vient du fait que le mot « société » a longtemps été interchangeable avec « académie », « collège » ou « athénée ». Par exemple, au Royaume-Uni, on parle souvent de Royal College, tandis qu'en France ou aux États-Unis, le terme Société (ou Society) est devenu la norme pour les spécialités (comme la Société Française d'Anesthésie et de Réanimation - SFAR).

La STAARMUC dans cette lignée

En utilisant le terme « Société » au sein de la STAARMUC, nous nous inscrivons directement dans cette tradition du XVIIIe et XIXe siècle. Ce n'est pas une simple désignation juridique, c'est une revendication de filiation avec ces cercles d'experts où la recherche et le partage du savoir priment sur la structure civile. Nous ne sommes pas seulement une association de défense professionnelle, mais une institution de savoir, respectueuse de l'enseignement de nos académies togolaises, désireuse d'apporter l'expertise et l'expérience de nos membres. 


 

A travers le temps...

L'histoire de l'anesthésie en tant que spécialité organisée est fascinante car elle est plus tardive que la chirurgie, l'anesthésie moderne n'étant née qu'au milieu du XIXe siècle (avec l'éther et le chloroforme démontré par William Morton).

1. La pionnière : The Society of Anaesthetists (Londres, 1893)

C'est la toute première organisation formelle au monde. Fondée par le Dr John Silk, elle visait à regrouper les médecins pratiquant l'anesthésie à Londres pour partager leurs observations cliniques. Elle deviendra plus tard la section "Anesthésie" de la Royal Society of Medicine.

2. L'essor américain : American Society of Anesthesiologists (USA, 1905)

Initialement fondée sous le nom de Long Island Society of Anesthetists par neuf médecins, elle a grandi pour devenir l'actuelle ASA. Elle a joué un rôle crucial dans la reconnaissance de l'anesthésie comme une spécialité médicale à part entière, et non plus comme une simple tâche technique déléguée.

3. La structuration française : La SFAR (France, 1934)

La France emboîte le pas avec la création de la Société Française d'Anesthésie et de l'Analgésie. Après plusieurs évolutions et fusions, elle deviendra la SFAR (Société Française d'Anesthésie et de Réanimation) en 1982, incluant officiellement la réanimation dans son titre, un modèle dont la STAARMUC est proche.

4. L'unification mondiale : La WFSA (1955)

La WFSA : Fédération Mondiale des Sociétés d’Anesthésistes est créée aux Pays-Bas lors du premier Congrès mondial d'anesthésiologie. Son but était de fédérer les sociétés nationales déjà existantes pour harmoniser les standards de sécurité partout dans le monde. 

5. L'ère de la spécialisation moderne : La STAARMUC (Togo, 2024/2025)

La STAARMUC s'inscrit dans cette lignée historique avec une particularité moderne : elle intègre dès sa genèse la Médecine d'Urgence et de Catastrophe. Cette évolution reflète les besoins contemporains où l'anesthésiste-réanimateur est le pivot de la prise en charge des situations critiques, du bloc opératoire jusqu'au terrain.

Analyse de l'évolution

On observe un mouvement très clair dans cette chronologie :

  • XIXe siècle : On cherche à se regrouper pour ne plus être isolé (le terme "Society").
  • Début XXe : On cherche à définir des normes et des diplômes.
  • Après-guerre (1945+) : On s'organise au niveau international (WFSA).
  • XXIe siècle : On élargit le champ d'action à l'urgence globale et à la gestion des catastrophes (Modèle STAARMUC).

L'utilisation du mot "Société" par la STAARMUC aujourd'hui est un hommage à cette lignée de 130 ans d'histoire, soulignant que nous ne sommes pas seulement une association locale, mais le maillon d'une chaîne scientifique mondiale.


 

A travers le monde...

Partout dans le monde, que l'on dise Society, Sociedad, Gesellschaft ou Società, l'idée reste la même : l'excellence par le partage. En s'appelant « Société », la STAARMUC se place au même niveau protocolaire que ses grandes sœurs internationales.

1. Europe (Racines Latines et Germaniques)

En Europe, le terme souligne souvent l'union de l'anesthésie et de la réanimation, un modèle dont la STAARMUC s'est inspirée.

  • France : SFAR (Société Française d'Anesthésie et de Réanimation). C'est le modèle direct pour beaucoup de pays francophones.
  • Italie : SIAARTI (Società Italiana di Anestesia Analgesia Rianimazione e Terapia Intensiva). Fondée en 1934, elle est l'une des plus anciennes.
  • Espagne : SEDAR (Sociedad Española de Anestesiología, Reanimación y Terapéutica del Dolor).
  • Portugal : SPA (Sociedade Portuguesa de Anestesiologia).
  • Allemagne : DGAI (Deutsche Gesellschaft für Anästhesiologie und Intensivmedizin). Le mot « Gesellschaft » est la traduction exacte de « Société ». Fondée en 1953, elle regroupe plus de 15 000 membres.

2. Monde Anglo-Saxon (Tradition de la "Society")

L'anglais utilise « Society » ou parfois « College » (lorsque l'organisme a un pouvoir de certification des diplômes).

  • Royaume-Uni : Royal Society of Medicine (Section Anaesthesia). Historiquement, la première fut la Society of Anaesthetists en 1893.
  • États-Unis : ASA (American Society of Anesthesiologists). Créée en 1905, c'est l'une des plus influentes au monde.
  • Australie / Nouvelle-Zélande : ANZCA (Australian and New Zealand College of Anaesthetists). Ici, le mot « College » souligne l'aspect éducatif.

3. Asie et Russie (Adaptation du concept)

  • Chine : CSA (Chinese Society of Anesthesiology - 中华医学会麻醉学分会). Elle dépend de la Chinese Medical Association.
  • Japon : JSA (Japanese Society of Anesthesiologists - 日本麻酔科学会). Le logo japonais utilise la fleur de Datura, en hommage au premier médecin mondial à avoir pratiqué une anesthésie générale en 1804, Seishu Hanaoka.
  • Russie : FAR (Federation of Anaesthesiologists and Reanimatologists - Федерация анестезиологов и реаниматологов). Contrairement à l'Europe de l'Ouest, ils utilisent le terme « Fédération » pour regrouper les nombreuses sociétés régionales du pays.

4. Afrique (Le berceau de la STAARMUC)

Les pays africains utilisent souvent l'anglais ou le français, reflétant leurs systèmes éducatifs, mais avec une volonté croissante d'intégration régionale.

  • Togo : STAARMUC (Société Togolaise d'Anesthésir, d'Analgésie, de Réanimation, de Médecine d'Urgence et de Catastrophe).
  • Afrique du Sud : SASA (South African Society of Anaesthesiologists). Très active sur le plan de la sécurité des soins.
  • Kenya / Afrique de l'Est : SAEA (Society of Anaesthesiologists of East Africa).
  • Nigeria : NSA (Nigerian Society of Anaesthetists).
  • Sénégal : SARAF (Société d'Anesthésie-Réanimation d'Afrique Francophone), une structure régionale importante.

Un petit tour d'horizon, vous trouverez l'ensemble des "Sociétés", celles-ci et les autres (nous ne pouvions pas tous les nommer) sur le site de la WFSA.

L'utilisation du mot "Société" par la STAARMUC aujourd'hui est un hommage à cette lignée de 130 ans d'histoire, soulignant que nous ne sommes pas seulement une association locale, mais le maillon d'une chaîne scientifique mondiale.