L'Alerte : Le Premier Geste qui Sauve des Vies au Togo
Dans la chaîne des secours, l'alerte est l'étape la plus déterminante. Sans une alerte rapide et précise, les moyens de secours les plus sophistiqués, qu'il s'agisse des sapeurs-pompiers ou des équipes de réanimation de l'Urgence Médicale, ne pourront jamais intervenir à temps. Au Togo, savoir donner l'alerte ne se limite pas à composer un numéro ; c'est une compétence qui demande calme, précision et une connaissance fine de son environnement.
Pourquoi l'alerte est-elle une priorité ?
Dès qu'une détresse vitale survient (arrêt cardiaque, hémorragie massive, inconscience), le compte à rebours commence. Chaque minute perdue diminue les chances de survie de 10 %. L'alerte permet de mobiliser des professionnels formés qui apporteront le matériel médical nécessaire (oxygène, défibrillateur, médicaments de réanimation) et assureront le transport vers une structure hospitalière adaptée.
Les Numéros d'Urgence à Connaître au Togo
Il est impératif que chaque citoyen garde ces numéros en mémoire ou enregistrés dans son téléphone :
Le 118 : Les Sapeurs-Pompiers. C'est le numéro de référence pour tout accident de la voie publique, incendie ou détresse survenant dans un lieu public ou privé. Les sapeurs-pompiers disposent de centres de secours répartis stratégiquement, notamment à Lomé, Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong.
Le 117 : La Police Secours ou la Gendarmerie. Indispensable en cas d'accident de la route pour sécuriser la zone et constater les faits, ou en cas d'agression.
Comment passer une alerte efficace : Le Protocole
Un message d'alerte confus fait perdre un temps précieux. Le secouriste doit rester calme et structurer son appel en répondant aux questions suivantes :
1. Qui appelle ?
Donnez votre nom et le numéro de téléphone sur lequel vous êtes joignable. Si la communication coupe, les secours doivent pouvoir vous rappeler immédiatement.
2. Où se situe l'urgence ? (La localisation précise)
C'est le défi majeur au Togo en raison de l'absence fréquente de noms de rues dans certains quartiers. Soyez le plus précis possible en utilisant :
- Le nom du quartier et de la ville.
- Des points de repère visuels (monuments, stations-service, écoles, églises ou mosquées célèbres).
- La direction (ex: « Sur la Route Nationale 1, à 2 km après le poste de péage de Davié en allant vers le Nord »).
3. Que se passe-t-il ? (La nature du problème)
Décrivez brièvement la scène : « C'est un accident entre un taxi et une moto », « C'est un incendie dans un atelier », ou « Une personne s'est effondrée au marché ». Précisez s'il y a des dangers persistants (fuite de carburant, fils électriques à terre).
4. Combien de victimes et quel est leur état ?
Il est crucial de dénombrer les victimes. Précisez si elles parlent, si elles respirent, ou si elles présentent des blessures visibles (saignements, membres déformés). Ces informations permettent au régulateur d'envoyer le nombre suffisant d'ambulances.
5. Quels gestes sont en cours ?
Indiquez si vous avez commencé un massage cardiaque, arrêté une hémorragie ou si la victime a été mise en sécurité.
La règle d'or : Ne jamais raccrocher le premier
C'est le centre de secours qui doit mettre fin à la communication. L'opérateur peut avoir des questions complémentaires ou, dans certains cas, vous guider par téléphone pour effectuer les premiers gestes de secours en attendant l'arrivée de l'ambulance.
Les obstacles à l'alerte au Togo et comment les surmonter
- L'attroupement (Le syndrome du badaud) : Souvent, lors d'un accident, une foule se forme mais personne n'appelle, chacun pensant que l'autre l'a déjà fait. Si vous êtes secouriste, désignez une personne précise dans la foule : « Vous, Monsieur en chemise bleue, appelez le 118 et revenez me dire quand c'est fait ».
- Les fausses alertes : Elles saturent les lignes et mettent en danger ceux qui ont réellement besoin d'aide. L'alerte doit être un acte responsable.
- Le stress : Respirez profondément avant de parler à l'opérateur. Un message clair vaut mieux qu'un message rapide mais incompréhensible.
Conclusion
L'alerte est l'acte qui transforme un incident isolé en une opération de sauvetage organisée. En maîtrisant ce protocole, vous devenez les yeux et les oreilles des médecins et des pompiers sur le terrain.
Une fois l'alerte donnée, votre mission n'est pas terminée : il faut veiller à ce que les secours puissent accéder à la victime. C'est ici qu'intervient la notion de Protection, que nous détaillerons dans notre prochain article.