Définition de l'épilepsie
L’épilepsie est une affection neurologique chronique caractérisée par des décharges électriques excessives et soudaines dans le cerveau. Au Togo, l'épilepsie est parfois entourée de préjugés ou de croyances erronées ; il est donc crucial de rappeler qu'il s'agit d'une maladie neurologique non contagieuse qui nécessite une prise en charge médicale et une bienveillance pédagogique.
Le Projet d'Accueil Individualisé (PAI) permet de préciser le type de crise de l'enfant, la durée habituelle des épisodes et le traitement d'urgence à administrer si la crise se prolonge.
Signes cliniques : Identifier les types de crises
Il existe plusieurs formes de crises, mais deux sont particulièrement fréquentes en milieu scolaire :
1. La crise de type "Grand Mal" (Tonico-clonique)
C'est la forme la plus impressionnante. Elle se déroule en trois phases :
- Phase tonique : L'élève perd connaissance brutalement, son corps se raidit, il peut émettre un cri involontaire et tomber.
- Phase clonique : Des secousses musculaires brusques et rythmées agitent les membres. La respiration peut être bruyante et une salive mousseuse peut apparaître aux lèvres.
- Phase post-critique : Les secousses s'arrêtent. L'élève est dans un sommeil profond ou un état de confusion. Il peut avoir une perte d'urine.
2. Les "Absences" (Épilepsie petit mal)
Plus discrètes, elles passent souvent inaperçues ou sont confondues avec de l'étourderie :
- L'enfant s'immobilise soudainement, le regard fixe et vide.
- Il ne répond plus aux sollicitations pendant 5 à 20 secondes.
- Il reprend son activité exactement là où il l'avait laissée, sans avoir conscience de l'interruption.
- Impact scolaire : La répétition de ces absences peut entraîner des lacunes importantes dans la prise de notes ou la compréhension des consignes.
Conduite à tenir en classe : Réagir face au "Grand Mal"
L'objectif principal est de protéger l'élève contre les blessures.
- Garder son calme : La crise est impressionnante mais dure généralement moins de 3 minutes. Éloignez les autres élèves pour respecter l'intimité de l'enfant.
- Sécuriser l'environnement : Écarter les tables, chaises ou objets pointus. Placer quelque chose de souple (un vêtement plié) sous sa tête.
- Ne jamais entraver les mouvements : Ne pas tenter de retenir les bras ou les jambes pendant les secousses.
- Règle d'or : NE RIEN METTRE DANS LA BOUCHE. Ni doigt, ni objet, ni médicament, ni eau. Contrairement aux idées reçues, l'élève ne peut pas "avaler sa langue".
- Position Latérale de Sécurité (PLS) : Dès que les secousses s'arrêtent, tournez l'élève sur le côté pour libérer ses voies respiratoires (évacuation de la salive ou des vomissements).
Protocoles et Urgences au Togo
Le PAI définit le seuil d'alerte. Au Togo, la prise en charge doit suivre ces étapes :
- Administration du traitement (ex: Valium rectal/buccal) : Si la crise dure plus de 5 minutes (ou selon la durée indiquée dans le PAI), administrez le médicament d'urgence présent dans la trousse de secours.
- Alerte des secours : Appelez les Sapeurs-Pompiers au 118 si :
- C'est la première crise de l'enfant.
- La crise dure plus de 5 minutes.
- L'enfant se blesse gravement pendant la chute.
- L'enfant ne reprend pas connaissance ou les crises s'enchaînent.
- Référence STAARMUC : Pour les cas de "mal épileptique" (crise prolongée), le transfert vers un service de réanimation ou d'urgences (CHU Sylvanus Olympio, CHU Campus ou CHR de région) est vital.
Recommandations pédagogiques et sociales :
- Lutter contre la stigmatisation : Expliquer simplement aux camarades que c'est une "panne d'électricité" temporaire dans le cerveau et que ce n'est pas "mystique" ou contagieux.
- Aménagement : Après une crise, l'enfant est extrêmement fatigué. Prévoyez un temps de repos à l'infirmerie ou autorisez le retour à la maison si les parents sont disponibles.
- Sécurité lors des activités : Une surveillance accrue est nécessaire lors des cours d'EPS, près des points d'eau ou lors de manipulations d'outils en ateliers techniques.