Définition de l'asthme et spécificités locales
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires. Au Togo, cette pathologie est une cause fréquente d'absentéisme scolaire. Elle se manifeste par une hypersensibilité des bronches qui, lorsqu'elles sont irritées, se rétrécissent et sécrètent un mucus abondant, rendant la respiration difficile.
La gestion de l'élève asthmatique repose sur le Projet d'Accueil Individualisé (PAI). Ce document, élaboré avec le médecin traitant et l'administration de l'école, définit les soins et les protocoles d'urgence pour assurer la sécurité de l'enfant durant le temps scolaire.
Signes cliniques : Identifier la crise
L'enseignant doit être capable de reconnaître les différents stades de l'oppression respiratoire :
- Crise légère à modérée :
- Toux sèche persistante (souvent après la récréation).
- Respiration sifflante (sifflement aigu à l'expiration).
- L'enfant se plaint d'avoir "le cœur qui serre" ou "soif d'air".
- L'élève peut encore parler, mais ses phrases sont courtes.
- Signes de gravité (Urgence Vitale) :
- Difficulté à parler : L'enfant ne peut plus finir une phrase sans reprendre son souffle.
- Signes physiques : Battement des ailes du nez, creusement au-dessus de la poitrine (tirage), sueurs froides.
- Cyanose : Coloration bleue ou grise des lèvres ou des ongles.
- Épuisement : L'enfant semble prostré ou, au contraire, très agité et paniqué.
Facteurs déclenchants majeurs au Togo
Le contexte environnemental togolais impose une vigilance particulière sur certains éléments :
- L'Harmattan (décembre à février) : La poussière fine et l'air extrêmement sec de cette saison sont les premiers ennemis de l'élève asthmatique au Togo.
- La poussière scolaire : Le balayage des classes à sec ou les activités physiques sur des terrains en terre battue.
- Les fumées : Brûlage des ordures ménagères à proximité des écoles ou feux de brousse en zone rurale.
- L'effort physique : La chaleur humide des zones côtières (Lomé, Aného) peut accentuer l'asthme d'effort lors des séances d'EPS.
- Les allergènes : Moisissures dans les bâtiments anciens pendant la saison des pluies, pollens ou acariens.
Conduite à tenir
Positionnement et calme
Dès les premiers signes :
- Arrêter immédiatement tout effort physique.
- Rassurer l'enfant : L'angoisse aggrave le spasme des bronches.
- Position assise : Installer l'élève le long d'un mur ou d'un arbre (sur une chaise uniquement sous surveillance pour éviter une chute), le buste droit ou légèrement penché en avant, les coudes sur la table. Ne jamais allonger un élève qui a du mal à respirer.
- Aérer : Éloigner l'élève d'une zone poussiéreuse ou enfumée.
Utilisation du bronchodilatateur (Ventoline)
Le traitement de secours (généralement du Salbutamol) doit être accessible instantanément.
- Vérification : S'assurer que l'inhalateur n'est pas périmé (la chaleur peut dégrader le produit).
- Administration : Agiter le flacon, faire expirer l'enfant, puis déclencher la bouffée au début de l'inspiration profonde. Maintenir la respiration 10 secondes.
- Chambre d'inhalation : Elle est fortement recommandée pour assurer que le médicament atteigne bien les poumons, même en cas de panique.
Protocoles et Urgences au Togo
Conformément aux principes de la STAARMUC, si la crise ne cède pas après les premières bouffées de bronchodilatateur :
- Alerte immédiate : Appeler les Sapeurs-Pompiers au 118 (numéro gratuit).
- Structure relais : Si les pompiers ne sont pas disponibles, organiser le transfert sécurisé (assis) vers l'USP (Unité de Soins de Santé Primaire) ou le CHR le plus proche.
- Information : Contacter les parents immédiatement après avoir initié les secours.
- Suivi : Ne jamais laisser l'élève repartir seul de l'école après une crise, même si celle-ci semble terminée.
Recommandations pour l'enseignant :
- Demander aux parents de fournir une chambre d'inhalation et un inhalateur de rechange à laisser à l'infirmerie ou dans le bureau du directeur.
- Pendant l'Harmattan, autoriser l'enfant asthmatique à porter un masque de protection s'il doit traverser une zone poussiéreuse.
- S'assurer que le protocole PAI est agrafé au registre d'appel pour être visible par tout remplaçant.