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Le programme WASH au Togo : Un levier indispensable pour la santé et la réussite scolaire

 

L'accès à l'Eau, l'Hygiène et l'Assainissement — regroupés sous l'acronyme international WASH (Water, Sanitation and Hygiene) — constitue le socle invisible sur lequel repose tout le système éducatif togolais. Sans une infrastructure WASH fonctionnelle, les efforts pédagogiques et nutritionnels perdent de leur efficacité. Au Togo, transformer l'école en un lieu sain est une urgence de santé publique autant qu'un impératif de dignité humaine.

 

1. Les trois piliers du WASH en milieu scolaire

Le programme WASH ne se limite pas à l'installation de robinets ; il s'articule autour de trois composantes indissociables :

  • L'Eau (Water) : Garantir une source d'eau potable pérenne à l'intérieur ou à proximité immédiate de l'école. Cela inclut les forages équipés de pompes à motricité humaine ou solaire et les systèmes de collecte des eaux de pluie.
  • L'Assainissement (Sanitation) : Disposer de latrines séparées par sexe, ventilées, sécurisées et surtout entretenues. L'assainissement concerne aussi la gestion des déchets solides et des eaux usées au sein de l'enceinte scolaire.
  • L'Hygiène (Hygiene) : Promouvoir des comportements salvateurs, comme le lavage systématique des mains au savon aux moments critiques (après les toilettes, avant de manger ou de manipuler des aliments).

 

L'impact direct sur la santé des élèves

Le manque d'infrastructures WASH est le premier vecteur de maladies dites "du péril fécal" en milieu scolaire :

  • Réduction des maladies diarrhéiques et parasitaires : Au Togo, les helminthes (vers intestinaux) et les diarrhées sont des causes majeures d'anémie et de malnutrition. Un lavage des mains efficace peut réduire l'incidence des diarrhées de près de 40 %.
  • Lutte contre les épidémies : L'accès à l'eau est la première barrière contre la propagation du choléra, de la dysenterie et, plus récemment, des virus respiratoires.
  • Sécurité des repas : Comme nous l'avons vu pour les cantines scolaires, la nourriture la plus nutritive devient un danger si elle est manipulée avec des mains souillées ou préparée avec de l'eau non potable.

 

WASH et inclusion : Le défi de l'hygiène menstruelle

L'un des impacts les plus documentés du programme WASH au Togo concerne la scolarisation des jeunes filles.

  • Le frein des règles : En l'absence de latrines privées, propres et équipées de points d'eau, de nombreuses adolescentes s'absentent de l'école 3 à 5 jours par mois lors de leur cycle menstruel.
  • La dignité comme facteur de rétention : L'installation de "blocs sanitaires sensibles au genre" (incluant des espaces pour se changer et disposer des protections) réduit drastiquement le taux de décrochage scolaire des filles au passage au secondaire.

 

L'école comme centre de rayonnement communautaire

L'enfant est le meilleur ambassadeur de l'hygiène. Ce qu'il apprend et pratique à l'école, il le ramène à la maison :

  • Le changement de comportement : En institutionnalisant le lavage des mains à l'école, on crée une nouvelle génération de citoyens togolais conscients des enjeux sanitaires.
  • Le Club Santé/WASH : Dans de nombreuses écoles togolaises, les élèves s'organisent en clubs pour superviser l'entretien des latrines et sensibiliser leurs pairs par des sketchs ou des chansons. Cela développe leur leadership et leur sens des responsabilités.

 

Défis et perspectives au Togo

Malgré les avancées portées par le gouvernement et ses partenaires (UNICEF, ONG locales), des défis subsistent :

  1. La maintenance des ouvrages : Construire un forage est une chose, assurer sa réparation en cas de panne en est une autre. La création de comités de gestion incluant les parents d'élèves est essentielle.
  2. L'accès universel : Les disparités entre les écoles urbaines et les écoles rurales de brousse restent marquées. L'objectif "Zéro Défécation à l'Air Libre" (FDAL) doit passer par une accélération des investissements en zone rurale.
  3. L'intégration pédagogique : Le WASH ne doit pas être une activité "en plus", mais faire partie intégrante du curriculum scolaire, au même titre que le calcul ou la lecture.

 

Conclusion :
Le WASH n'est pas une option, c'est le prérequis à toute forme d'éducation. Une école sans eau est une école qui rend malade. En investissant dans des latrines propres et des points d'eau sécurisés, le Togo garantit non seulement la santé physique de ses enfants, mais aussi leur droit à une éducation digne et continue.