L'hantavirus n'est pas confiné à une seule région du globe ; c'est un virus véritablement mondial, bien que sa dangerosité et ses manifestations cliniques varient radicalement d'un continent à l'autre. En réalité, on le trouve sur presque tous les continents, à l'exception notable de l'Antarctique. Sa présence est strictement liée à la répartition géographique des rongeurs (souris, rats, mulots, campagnols) qui servent de réservoirs naturels.
En Asie : le foyer historique
C'est le continent le plus durement touché en nombre de cas annuels. On trouve l'hantavirus (notamment la souche Hantaan) principalement en Chine, en Corée et en Russie orientale. Dans ces régions, le virus provoque des formes sévères de fièvres hémorragiques avec syndrome rénal. La Chine totalise à elle seule une grande majorité des cas recensés mondialement chaque année, souvent en milieu rural où la cohabitation entre l'homme et les rongeurs des champs est fréquente.
En Europe : une présence généralisée mais souvent plus modérée
L'Europe est largement concernée, de la Scandinavie aux Balkans, en passant par la France, l'Allemagne et la Belgique. La souche la plus répandue en Europe de l'Ouest est le virus Puumala, véhiculé par le campagnol roussâtre. Bien que cette souche provoque une maladie appelée néphropathie épidémique, elle est généralement moins mortelle que les souches asiatiques. Cependant, dans les Balkans, on trouve la souche Dobrava, qui peut être beaucoup plus grave.
Dans les Amériques (Nord et Sud) : les formes pulmonaires
C'est sur le continent américain que le virus a montré son visage le plus redoutable. Identifié pour la première fois en 1993 dans la région des "Four Corners" aux États-Unis, l'hantavirus y prend la forme du Syndrome Pulmonaire à Hantavirus (SPH).
- En Amérique du Nord : Le virus "Sin Nombre" est le plus connu, principalement transmis par la souris sylvestre.
- En Amérique du Centrale et du Sud : Des pays comme le Chili, l'Argentine, le Brésil et le Panama enregistrent régulièrement des cas. Les souches sud-américaines (comme le virus Andes) sont particulièrement surveillées car elles sont les seules au monde à avoir montré des preuves de transmission entre humains.
En Afrique : une découverte plus récente
Pendant longtemps, on a cru l'Afrique épargnée. Pourtant, des recherches récentes ont permis d'isoler des hantavirus dans plusieurs pays, comme en Guinée (virus Sangassou) ou en Côte d'Ivoire. Bien que le nombre de cas humains documentés y soit encore faible, la présence du virus chez les rongeurs locaux confirme que le continent africain fait également partie de l'aire de répartition mondiale.
En résumé, l'hantavirus est une menace planétaire. La seule différence réside dans la "famille" de virus présente : l'Ancien Monde (Europe, Asie, Afrique) est surtout marqué par des atteintes rénales, tandis que le Nouveau Monde (Amériques) est le territoire des atteintes pulmonaires sévères.