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Seshagiri mallampati 2Seshagiri Mallampati

L'homme derrière le score

Dans le panthéon des grands maîtres de l'anesthésie-réanimation, le nom de Seshagiri Rao Mallampati résonne avec une importance particulière. Anesthésiste d'origine indienne ayant fait carrière aux États-Unis, il est l'auteur de l'une des observations cliniques les plus simples, mais les plus vitales de la médecine péri-opératoire : la corrélation entre ce que l'on voit dans la bouche d'un patient et la difficulté à sécuriser ses voies respiratoires.

 

Le contexte d'une découverte majeure

Avant les années 1980, l'impossibilité d'intuber un patient (insérer un tube dans la trachée pour permettre la respiration sous anesthésie) était l'une des causes majeures de décès ou de lésions cérébrales évitables au bloc opératoire. Les médecins n'avaient pas d'outil fiable pour prédire cette difficulté avant d'endormir le patient.

C'est en 1985, alors qu'il travaillait au Brigham and Women's Hospital à Boston, que le Dr Mallampati a publié son étude séminale. Son hypothèse était élégante : si la base de la langue est proportionnellement trop grande par rapport à la cavité buccale, elle masquera la glotte lors de la laryngoscopie, rendant l'intubation difficile.

 

La classification de Mallampati

Le test de Mallampati, que chaque membre de la STAARMUC (Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe) pratique quotidiennement, repose sur l'observation de l'oropharynx. Le patient doit être assis, la bouche ouverte au maximum et la langue tirée sans phonation (sans dire "Ah").

On distingue quatre classes fondamentales :

  • Classe I : Visibilité totale des piliers amygdaliens, de la luette et du voile du palais.
  • Classe II : Visibilité de la luette et du voile du palais.
  • Classe III : Seuls le voile du palais et la base de la luette sont visibles.
  • Classe IV : Seul le palais dur est visible ; le voile du palais n'est plus perceptible.

Seishu hanaoka score

 

 

 

 

Un héritage clinique universel

Bien que le score de Mallampati soit aujourd'hui souvent associé à d'autres critères (comme la distance thyro-mentonnière ou l'ouverture de bouche) pour augmenter sa précision, il reste la pierre angulaire de l'examen pré-anesthésique mondial.

Le Dr Mallampati n'a pas seulement inventé un score ; il a instauré une culture de la prédiction et de la préparation. Grâce à ses travaux, l'anticipation des "voies aériennes difficiles" a permis de développer des algorithmes de sauvetage et l'usage de dispositifs innovants comme les vidéolaryngoscopes.

 

L'impact pour les praticiens de la STAARMUC

Pour les spécialistes de la Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe, l'enseignement de Mallampati est un rappel constant que l'observation clinique minutieuse prime souvent sur la technologie lourde. Dans des contextes d'urgence ou de catastrophe, où le temps et les ressources peuvent manquer, savoir identifier un "Mallampati 4" en quelques secondes sauve littéralement des vies en permettant de modifier immédiatement la stratégie de prise en charge.