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Le Système de Secours en Thaïlande : Entre État et Volontariat

La Thaïlande dispose d'un système de secours unique au monde, caractérisé par une dualité entre les services publics officiels et un réseau extrêmement dense de fondations privées de volontaires. Pour un expatrié ou un touriste, comprendre cette organisation est essentiel pour réagir efficacement en cas de crise.

1. Les Numéros d'Urgence Indispensables

Bien que le numéro 191 soit le numéro d'appel général (équivalent du 17 ou du 911), il est souvent recommandé d'utiliser des lignes directes plus spécialisées pour gagner en rapidité :

  • 1669 (Urgences Médicales - NIEM) : C'est le numéro national pour les ambulances. Il est géré par l'Institut National de Médecine d'Urgence.
  • 1155 (Police Touristique) : Probablement le numéro le plus utile pour les étrangers. Les opérateurs parlent anglais (et parfois français) et font le pont avec les autres services de secours.
  • 199 (Pompiers) : Pour les incendies et les catastrophes naturelles.
  • 1193 (Police de la Route) : Spécifiquement pour les accidents sur les grands axes et autoroutes.

2. Le Rôle Crucial des Fondations de Volontaires

L'une des particularités les plus marquantes de la Thaïlande est l'omniprésence des "Rescue Foundations" (fondations de secours). Les deux plus célèbres sont la Poh Teck Tung Foundation et la Ruamkatanyu Foundation.

Ces organisations, financées par des dons (souvent liés à des croyances bouddhistes sur le mérite), déploient des milliers de volontaires. Ce sont souvent eux qui arrivent les premiers sur les lieux d'un accident de la route. Leurs véhicules sont équipés de gyrophares et de matériel de premiers secours. Bien que non gouvernementaux, ils travaillent en coordination avec le numéro 1669 pour transporter les victimes vers les hôpitaux les plus proches.

3. L'Organisation Médicale : Hôpitaux Publics vs Privés

En Thaïlande, les secours vous dirigeront généralement vers l'établissement le plus proche, mais le choix de l'hôpital a un impact majeur sur la prise en charge :

  • Le Secteur Public : Très performant mais souvent saturé. Les délais d'attente aux urgences peuvent être longs pour les cas non vitaux. C'est ici que sont acheminées la majorité des victimes d'accidents de la voie publique sans assurance connue.
  • Le Secteur Privé : Des établissements comme le Bangkok Hospital ou le Bumrungrad offrent des standards internationaux, avec un personnel parlant couramment anglais. Les soins y sont onéreux, et une preuve de solvabilité (assurance ou carte bancaire) est systématiquement demandée à l'entrée, même pour une urgence.

4. La Police Touristique et l'Application "I Lert U"

Pour moderniser ses secours, la Thaïlande a lancé l'application mobile "Tourist Police i lert u". Elle permet aux touristes de signaler une urgence en envoyant instantanément leur position GPS et des photos aux autorités. C'est un outil précieux dans les zones isolées ou lorsque la barrière de la langue rend la communication téléphonique difficile.

5. Conseils Pratiques pour les Expatriés et Voyageurs

  • Assurance Rapatriement : Elle est indispensable. En l'absence de couverture, les frais d'hospitalisation dans le privé peuvent s'envoler à plusieurs millions de francs CFA par jour.
  • Localisation : En Thaïlande, les adresses peuvent être complexes. Apprendre à donner des points de repère (proximité d'un temple, d'un centre commercial ou d'une station de métro) est souvent plus efficace que le nom de la rue.
  • Les sociétés savantes : Pour les professionnels de santé ou les institutions, il est intéressant de noter que la coopération internationale et les standards de soins sont également portés par des instances savantes. À l'instar de la STAARMUC (Société Togolaise d'Analgésie, d'Anesthésie, de Réanimation et de Médecine d'Urgence et de Catastrophe) en Afrique, la Thaïlande possède ses propres sociétés savantes de médecine d'urgence qui dictent les protocoles de réanimation nationaux.

En conclusion, si la Thaïlande offre des secours réactifs, leur efficacité repose sur une coordination entre l'État, les volontaires dévoués et les structures privées de haut niveau. La clé d'une assistance réussie réside dans l'anticipation : garder les numéros clés en mémoire et posséder une assurance solide.

Le Volontariat de Terrain : Les Fondations de Secours

En Thaïlande, la majorité des premiers intervenants sur les accidents de la route ne sont pas des fonctionnaires, mais des volontaires issus de fondations.

1. Les Conditions de Base

Pour rejoindre l'une des grandes fondations (Poh Teck Tung ou Ruamkatanyu), les critères sont généralement les suivants :

  • Avoir 18 ans minimum : C'est l'âge légal pour intervenir sur des scènes d'urgence.
  • Casier judiciaire vierge : Une vérification est systématiquement effectuée.
  • Engagement moral : Ces fondations ont une forte dimension bouddhiste. Le volontariat est vu comme un moyen de "faire du mérite" (Tamboon). Il faut être prêt à donner de son temps sans aucune rémunération.
  • Santé physique et mentale : Les scènes d'accidents en Thaïlande peuvent être très éprouvantes psychologiquement.

2. Le Processus de Recrutement

Le recrutement ne se fait pas via une plateforme centrale, mais souvent de manière locale :

  • Le parrainage : La méthode la plus courante est d'être introduit par un membre actif. Le nouveau venu commence souvent par des tâches logistiques avant d'approcher les scènes d'intervention.
  • L'inscription au quartier général : Vous pouvez vous rendre directement aux bureaux des fondations (à Bangkok, celui de Poh Teck Tung est situé près du temple Wat Kanmatuyaram).
  • La formation initiale : Une fois accepté, vous recevrez une formation de base en secourisme et en manipulation de matériel (brancards, désincarcération).

3. Le cas spécifique des Étrangers

Il est tout à fait possible pour un étranger de devenir volontaire, mais cela demande des garanties supplémentaires :

  • Maîtrise de la langue : Parler thaï est indispensable pour communiquer avec les victimes, les hôpitaux et la police.
  • Visa et Permis de Travail : Même pour du bénévolat, la loi thaïlandaise exige techniquement un permis de travail ou un "Volunteer Visa" (Visa O). Travailler sans visa approprié, même gratuitement, peut entraîner l'expulsion.
  • Compétences préalables : Les étrangers ayant déjà un diplôme d'infirmier, de pompier ou de médecin sont très prisés pour leur expertise technique.

 

Le Volontariat Humanitaire et Médical (Alternatif)

Si vous n'êtes pas résident en Thaïlande, vous pouvez passer par des organisations structurées qui encadrent des missions de secours ou de soins :

1. Stages et Missions Médicales

Des organismes proposent des missions de 4 à 12 semaines pour les étudiants en santé (IFSI, médecine). Vous intervenez alors dans des centres communautaires ou des hôpitaux de province sous supervision.

  • Prérequis : Niveau d'anglais intermédiaire (B1) et preuve d'études dans le domaine médical.
  • Coût : Ces programmes sont souvent payants car ils incluent le logement, l'encadrement et l'assurance.

2. Formations de Secourisme (EFR)

Si vous souhaitez aider ponctuellement (par exemple en zone de plongée), vous pouvez passer la certification Emergency First Response (EFR). De nombreux centres à Phuket ou Koh Tao proposent ces formations d'une journée qui vous préparent aux soins primaires et secondaires.


Résumé des étapes pour un résident :

  • Obtenir un visa de volontaire (Non-Immigrant O).
  • Prendre contact avec une antenne locale d'une fondation (repérez les pick-ups avec des gyrophares).
  • Fournir un casier judiciaire et une preuve de résidence.
  • Suivre la formation de secourisme locale.