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Accident industriel à Saint-Fons : L'usine Elkem Silicones frappée par une explosion majeure

 

Drame à Saint-Fons en France : Un mort et trois blessés après l’explosion à l’usine Elkem Silicones

Le lundi 22 décembre 2025 restera une date marquée par la stupeur dans la « Vallée de la Chimie ». Aux alentours de la mi-journée, une déflagration d’une rare violence a secoué le site de l'entreprise Elkem Silicones, situé sur la commune de Saint-Fons, au sud de Lyon. Cette usine, classée Seveso seuil haut, est l'un des piliers industriels du secteur, spécialisé dans la production de silicones de haute performance.

Alors que les secours espéraient une issue favorable pour les blessés les plus touchés, le bilan s’est malheureusement alourdi à deux reprises cette semaine. Un premier technicien, qui travaillait au plus près du foyer de l’explosion, a succombé à ses blessures ce mercredi 24 décembre au service des grands brûlés de l’hôpital Édouard Herriot. Ce vendredi 26 décembre, la direction et les équipes médicales ont malheureusement confirmé le décès d'une deuxième victime, qui luttait également pour sa survie dans le même service.

Le bilan humain : la gravité du « blast »

Le bilan définitif fait désormais état d'un décès et de trois blessés. La situation clinique des victimes témoigne de la violence du phénomène :

  • Un décès : La victime est décédée des suites de ses brûlures et des complications pulmonaires liées au blast. Selon les premières informations syndicales et de la direction, d'un technicien qui travaillait au plus près de l'unité de production au moment de l'explosion.
  • Deux blessés en état d'urgence absolue : Leur pronostic vital demeure engagé. Ils souffrent de brûlures thermiques sévères et de lésions internes complexes. Pour les spécialistes de la réanimation, ces patients présentent un tableau de « blast pulmonaire », où l'onde de choc endommage directement les alvéoles, compliquant lourdement la prise en charge respiratoire.
  • Un blessé léger : Plus éloignée de la déflagration, cette victime souffre principalement de traumatismes sonores (lésions tympaniques) et de blessures superficielles causées par des projections.

Les circonstances : la piste de l'hydrogène confirmée

Bien que les enquêtes techniques se poursuivent, les premières constatations s’orientent vers une émanation accidentelle d'hydrogène. Ce gaz, extrêmement inflammable et volatil, est au cœur des processus de synthèse chez Elkem.

Une fuite se serait produite dans une unité de production, créant un mélange explosif au contact de l'air. L'onde de choc a été ressentie à plusieurs kilomètres à la ronde, brisant des vitres dans les bâtiments administratifs voisins et projetant des débris sur une large zone périmétrale.

Une réponse d'urgence massive et des protocoles stricts

Dès la déflagration, le Plan d'Opération Interne (POI) de l'usine a été activé, suivi par le Plan Particulier d'Intervention (PPI) déclenché par la préfecture du Rhône. Plus d'une centaine de sapeurs-pompiers, appuyés par des unités spécialisées en risques chimiques, ont été dépêchés sur place pour sécuriser les installations et éviter tout « effet domino » avec les autres substances sensibles stockées sur le site.

À l'heure actuelle, les autorités confirment qu'aucune fuite toxique persistante n'a été détectée dans l'air, mais la surveillance demeure constante.

Suites judiciaires et émotion sociale

Le décès survenu aujourd'hui change la donne sur le plan légal. Le parquet de Lyon, qui avait initialement ouvert une enquête pour « blessures involontaires », devrait requalifier les faits en homicide involontaire. Les inspecteurs de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) examinent scrupuleusement les systèmes de détection et les registres de maintenance pour identifier une éventuelle faille de sécurité.

Dans l'usine, l'émotion est immense. Une minute de silence a été observée par les salariés de la Vallée de la Chimie en hommage à leur collègue. Ce drame ravive inévitablement le débat sur la cohabitation entre zones urbaines denses et complexes industriels à hauts risques. Il rappelle tragiquement la dangerosité des sites classés Seveso seuil haut, où la moindre défaillance technique impliquant des gaz volatils comme l'hydrogène peut avoir des conséquences fatales. 

Soutien aux familles et aux employés

La direction d'Elkem Silicones, en lien avec les services de l'État, a renforcé la cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP). Ce dispositif ne s'adresse pas seulement aux familles des victimes, mais aussi aux dizaines de collaborateurs témoins de la scène, dont beaucoup présentent des signes de stress post-traumatique aigu.