Drame à Crans-Montana :
L'incendie du Constellation
L'année 2026 s'est ouverte sur un drame d'une ampleur inédite pour la Suisse. Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, un incendie dévastateur a ravagé le bar-discothèque Le Constellation, situé au cœur de la station de ski de Crans-Montana, en Valais. Ce qui devait être une célébration du Nouvel An s'est transformé en une tragédie nationale qui a suscité une vague d'émotion à travers toute l'Europe.
Vue d'ensemble du drame
L'alerte a été donnée aux alentours de 1h30. Le bar, établissement prisé pour son ambiance festive et sa clientèle majoritairement jeune, était alors bondé. Le feu s'est déclaré au sous-sol du bâtiment, où se trouvaient la piste de danse et le cœur des festivités. En l'espace de quelques secondes, les flammes se sont propagées au plafond, provoquant ce que les experts appellent un « embrasement généralisé éclair » (flashover).
L'accumulation de gaz combustibles sous le plafond a déclenché une déflagration violente, suivie d'un incendie d'une rapidité foudroyante. Les témoins décrivent des scènes de panique absolue : une foule compacte tentant de s'échapper par un escalier jugé étroit et par les quelques fenêtres que les clients ont dû briser avec des chaises pour s'extraire de l'enfer. Les secours ont mobilisé des moyens exceptionnels, incluant 13 hélicoptères d'Air-Glaciers et de la Rega, ainsi qu'une centaine de pompiers et de policiers.
Bilan humain et situation des victimes à ce jour
Le bilan provisoire, stabilisé en ce vendredi 2 janvier 2026, est extrêmement lourd. Les autorités font état de :
- Environ 40 décès : De nombreuses victimes sont mortes sur place ou peu après leur arrivée à l'hôpital. L'identification est un processus long et complexe, nécessitant des analyses ADN et dentaires en raison de la gravité des brûlures.
- 115 blessés : La grande majorité souffre de brûlures au troisième degré et d'inhalations de fumées toxiques.
- Urgence absolue : Entre 80 et 100 blessés sont toujours dans un état critique. Les hôpitaux suisses, notamment le CHUV à Lausanne et les HUG à Genève, ayant atteint leurs limites de capacité, plusieurs patients ont été transférés vers des centres de grands brûlés à l'étranger, notamment à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon (France), ainsi qu'en Italie, en Allemagne et en Belgique.
Les victimes sont majoritairement des jeunes âgés de 16 à 26 ans. On compte également plusieurs ressortissants français et italiens parmi les disparus et les blessés graves. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, a décrété cinq jours de deuil national, qualifiant l'événement de l'un des plus traumatisants de l'histoire du pays.
Les origines supposées de la tragédie
L'enquête, dirigée par la procureure générale du Valais, Béatrice Pilloud, se concentre sur plusieurs pistes techniques, tout en ayant formellement exclu la thèse d'un attentat ou d'un acte terroriste dès les premières heures.
La piste pyrotechnique
L'hypothèse la plus sérieuse repose sur l'utilisation de cierges magiques ou fontaines lumineuses fixés sur des bouteilles de champagne. Selon plusieurs témoignages concordants et des images circulant sur les réseaux sociaux, un serveur portait une employée sur ses épaules ; celle-ci tenait une bouteille surmontée d'un artifice dont la flamme aurait touché le plafond en bois ou les décorations inflammables du sous-sol.
La configuration des lieux et les normes de sécurité
L'enquête devra déterminer si l'établissement respectait les normes de sécurité en vigueur. Plusieurs points sont sous la loupe des experts :
- Capacité d'accueil : Le bar pouvait légalement accueillir environ 300 personnes, mais il est possible que ce chiffre ait été largement dépassé pour la soirée du Réveillon.
- Issues de secours : Des rescapés ont fait état de difficultés majeures pour évacuer les lieux, pointant du doigt l'étroitesse des accès entre le sous-sol et le rez-de-chaussée.
- Matériaux inflammables : La présence de bois au plafond et d'autres matériaux de décoration pourrait expliquer la fulgurance du flashover.
Une centre de réception d'appel (0848 112 117) reste ouverte pour les familles, tandis que la station de Crans-Montana, plongée dans le silence, a vu de nombreux habitants et touristes déposer des bougies et des fleurs à proximité du périmètre de sécurité toujours bouclé.